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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 18:41

Ce roman vient de sortir en poche folio mais il a remporté en 2016 à sa

sortie chez Alma Éditeur le prix Renaudot des lycéens. C’est un premier roman déjà bien établi en somme.

Dans la lignée de femmes héroïnes de ce roman, Marie, sa fille Magdalena, sa fille Libuse, sa fille Eva qui se ressemblent et s’engendrent comme des poupées gigognes, sans papa ou presque. Bien sûr, il y a bien eu des géniteurs mais sur la ligne ad hoc des filles, pas de nom du père. Celui d’Eva est peut-être un beau blond russe, mais il a disparu, chassé par le beau-père de Libuse, le jour même où il a apporté sa petite graine, celui de Libuse est le fils d’un propriétaire qui a dû s’exiler lorsque sa propriété a été confisquée au profit des coopératives, celui de Magdalena est un médecin juif qui s’est enfui avec sa famille quand la menace est devenue trop oppressante à Vienne. Les pères sont donc absents et les beaux-pères, alcoolique et violent pour l’un, absent pour l’autre, ne font pas office de pères.

Ces femmes par conséquent s’assument seules : Marie est tour à tour et parfois simultanément sage-femme, brodeuse, cuisinière et aubergiste, Magdalena  aussi brode et soigne les vaches, puis travaille en usine,  … Elles ont de la volonté et du caractère.

Autour d’elles gravitent toute une panoplie de personnages plus ou moins sympathiques et tolérants : une française qui vit entourée de livres, une enseignante qui teste les capacités d’Eva à entrer dans la grande école, un maire, embarrassé par la mission d’expulsion qu’il doit exécuter, un jeune communiste qui n’hésite pas à brûler la grange de son patron pour l’obliger à renoncer à sa propriété et qui gravit ensuite les échelons, …  

C’est que dans cette fiction  qui se construit avec en arrière-plan l’histoire de la Tchécoslovaquie des années 30 à aujourd’hui on est bien loin de l’Ostalgie ! Les communistes y élèvent les vaches en batterie_ce qui scandalise nos héroïnes , ils dépouillent les propriétaires, ils imposent l’uniforme scolaire à la jeune Eva, la seule de toutes semble-t-il, qui ait été scolarisée, ils exigent des élèves qu’ils participent à des groupes de jeunes pour des activités civiques. Dans la lignée de ces femmes, on pratique une résistance passive en évitant les réunions communistes et en évitant l’adhésion. Pour Eva, comme l’entrée à la grande école est  conditionnée par cela, le costume, l’étoile rouge et la participation aux groupes « Étincelles » est toléré mais ensuite Eva préférera quitter l’école plutôt que de devoir joindre le groupe des « Pionniers » puis les « Jeunesses communistes » où il faudrait travailler sans même être payée, lui prédit son arrière beau-père (celui qui est un ivrogne, violent, incestueux).

Mais même si ces femmes, sauf Eva, ne sont pas scolarisées, curieusement, elles aiment les romans, notamment La Dame au camélia !   

Le texte est écrit avec ce goût manifeste des mots et plusieurs pages la poésie. Comme c’est demain la fête des mères, je choisis cette citation pour preuve : « Ma maman Liba, Libunka. Quand le nom ou le prénom est beau, ça ajoute du beau au beau, j'ai remarqué ça. J'appelle ma maman Libunka, c'est le plus joli de tous les prénoms, je trouve. »

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