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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 20:17

Le livre de Jean-Jacques Karmann par ailleurs fondateur de la Gauche Communiste en 1997 et dont le titre est Rosa le retour est paru en février 2019. Il marque le centième anniversaire de la mort de Rosa Luxembourg. Il retrace le parcours de Rosa Luxembourg au travers d’éléments biographiques divers mais aussi en reprenant des articles rédigés par Rosa Luxembourg elle-même. Ce tableau montre que Rosa Luxembourg a mené tout au long de sa vie une réflexion et des actions politiques pour l’instauration d’une société qu’elle voulait socialiste et démocratique. Différentes photos accompagnent le texte dans ce livre : l’époque, les proches de Rosa, mais aussi les leaders politiques qui ont pu la côtoyer et bien évidemment Rosa Luxembourg.

 

Rosa Luxembourg a été emprisonné à plusieurs reprises elle poursuivra son action malgré tout en publiant en prison des écrits politique mais aussi en rédigeant un nombre important de lettres dont la lecture permet une meilleure appréhension de son action.

Rosa Luxemburg ou Roza Luksemburg est née le 5 mars 1870 ou 1871 en Pologne dans la ville de Zamosc, proche de la ville de Lublin, dans une famille juive de bourgeois aisés. A cette époque, le gouvernement de Lublin est une division administrative de l’Empire russe. Rosa a trois ans quand ses parents s’installent à Varsovie. En 1876, après une chute, un diagnostic de tuberculose osseuse sera fait. Rosa sera alors plâtrée et gardera le lit une année.  Lorsque le plâtre sera enlevé, Rosa aura une jambe plus courte que l’autre. Elle n’acceptera jamais ce handicap qu’elle conservera toute sa vie. Jusque l’âge de 9 ans, elle étudie chez elle. En 1880, elle rentre dans un lycée de jeune fille, dans lequel s’appliquait un quota pour les jeunes filles d’origine juive, réservé aux jeunes filles russes et de la noblesse polonaise. 

A Noel 1881, Rosa est témoin d’un pogrom qui dure plusieurs jours dans le ghetto juif de Varsovie. Ce pogrom sera un évènement marquant pour Rosa encore petite fille.

Rosa a une scolarité brillante et obtient d’excellents résultats aussi bien dans les matières scientifiques que littéraires. Elle parle le polonais, le russe, l’allemand et le français. Elle acquiert aussi de bonnes connaissances dans le domaine des religions, de la cosmographie, de la calligraphie, de la couture et du dessin. Très jeune, elle montre de l’intérêt pour la poésie et en particulier pour le poète polonais Adam Mickiewicz. Dès l’âge de 13 ans, elle écrit un poème révélant déjà une pensée politique.

Son engagement politique commence en 1887 avec les « jeunes marxistes du Prolétariat ». Menacée d’arrestation, elle quitte la Pologne et trouve refuge à Zurich en Suisse.  C’est à cette période qu’elle rencontre Léo Jogishes, juif lituanien, qui sera l’homme de sa vie. Après avoir envisagé de poursuivre sa formation en zoologie, botanique et mathématique, Rosa opte pour une thèse de doctorat en droit et sciences politiques. En 1898, avec l’accord de Léo, elle fait un mariage blanc avec un allemand, Gustave Lubke, ce qui permet à Rosa d’obtenir la nationalité allemande. Elle s’installe alors à Berlin et devient, le 24 mai 1898, membre du parti social-démocrate d’Allemagne.  L’intention de Rosa est d’influencer de l’intérieur l’Internationale ouvrière révolutionnaire. Si dans un premier congrès, elle peine à être reconnue, dès le congrès de l’internationale d’Amsterdam en 1904, elle apparait comme une femme dont les qualités seront utiles. Rosa mène alors un combat politique qui aura un rayonnement international.

Avant Lénine, elle s’oppose à la lutte contre le révisionnisme de la théorie marxiste. Elle s’oppose au réformisme et prône le maintien de la lutte de classe et la défense du marxisme révolutionnaire, la perspective étant l’effondrement du capitalisme. Elle considère qu’une démocratie véritable repose sur la dictature du prolétariat et milite pour l’emploi de tous les moyens du pouvoir politique pour l’édification du socialisme. « Sans volonté consciente et l’action consciente de la majorité du prolétariat, pas de socialisme », pense-telle.

Elle fait le choix d’une démocratie sociale opposée à une démocratie bourgeoise. Elle s’oppose à Lénine, considérant que la dictature d’une poignée de personnes n’est pas la voie d’une démocratie socialiste. De la même façon, sur la question de la nation, Rosa plus internationaliste sera plus proche des préceptes marxistes : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous.

Le mouvement spartakiste qui nait en Allemagne à la fin de la première guerre mondiale s’oppose à la guerre avec le projet de développer des conseils à l’image des soviets en Russie. A la fin de l’année 1918, le parti communiste d’Allemagne est créé.  C’est dans ces temps troublés que Rosa participe à la rédaction du programme du parti communiste. Une révolution allemande éclate mais elle sera écrasée dans le sang en janvier 1919.

Le 15 janvier 1919 Rosa Luxembourg est arrêtée par des corps francs et elle est molestée, insultée et tuée de plusieurs balles à bout portant. Son corps a été jeté dans le canal qui traverse Berlin, il faudra attendre le 1er juin 1919 pour que son corps soit retrouvé.

Le lecteur trouve dans ce livre une ouverture déjà bien riche sur la culture marxiste.

Mais il brosse surtout le portrait de femme intelligente, libre, battante, comme on en lit rarement. Alors qu’on considère volontiers que les femmes commencent à peine et encore difficilement à échapper à leur relégation aux rôles subalternes, on voit avec Rosa Luxembourg en ce début XX e siècle, que l’intelligence et la volonté surmontent tous les handicaps.  Toutefois, ce qui est possible dans des combats extrêmes comme celui de Rosa Luxembourg, le serait-il dans le cadre d’ambitions plus largement répandues ?    

extrait d'un article de Rosa Luxembourg dans le journal L'Egalité dirigé par Clara Zetkin :

"Ainsi chaque année, chez les prolétaires, des milliers d’existences s’écartent des conditions de vie normales, de la classe ouvrière pour tomber dans la nuit de la misère. Elles tombent silencieusement, comme un sédiment qui se dépose sur le fond de la société : éléments usées, inutiles, dont le Capital ne peut plus tirer une goutte de plus, détritus humain qu’un balai de fer éjecte.

Brusquement le spectre horrible de la misère arrache à la société son masque de correction et révèle que cette pseudo honorabilité n’est que le phare d’une putain.

Aujourd’hui, il est solide encore, considéré, travailleur ; qu’adviendra-t-il de lui, si demain il est renvoyé parce qu’il aura atteint le seuil fatal des 40 ans au-delà duquel le patron le considère inutilisable ?

Chaque jour, les sans-abris s’écroulent, terrassés par la faim et le froid. Personne ne s’en émeut, seuls les mentionne le rapport de police. À bas l’infâme régime social qui engendre de pareilles horreurs !"

 

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