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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 17:17

Abécédaire :

 

Arcadie : pays d’origine de Zeus puis pays du roi Lycaon transformé en loup pour avoir mis de la chair humaine au menu et ici ce pays donne son titre à ce roman et son nom à un gourou Arcady.

Bucolique telle est la vie que mène Farah à Liberty house où elle  « balise [s]es sentiers, […] marque  [s]es arbres et […] recense [s]es sujets : les pipistrelles, les capricornes, les vrillettes, les mésanges, les chenilles, les renards, les orvets… Pas une journée ne passe sans qu’[elle]  fasse une nouvelle découverte féerique : champignons rouges à pois blancs, lapins figés par la surprise, myrtilles et fraises des bois, nuées de moucherons en suspension dans le chemin, plume de geai parfaitement rayée de bleu et de noir qu’[elle] empoche comme un talisman.

Corps et âmes hors normes sont assemblés dans la zone blanche de Liberty house « les obèses, les dépigmentés, les bipolaires, les électrosensibles, les grands dépressifs, les cancéreux, les polytoxicomanes et les déments séniles. »

Dos le nouveau nom de Dolores, car «   Arcady a donc débaptisé à peu près tout le monde, multipliant les diminutifs et les sobriquets. Mon père est devenu Marqui, qu’il persiste à écrire sans « s » en raison d’une dysorthographie sévère ; ma mère est Bichette, Fiorentina est Mrs. Danvers, Dolores et Teresa sont Dos et Tres, Daniel est Nello, Victor est tantôt M. Chienne, tantôt M. Miroir, Jewel est Lazuli, et ainsi de suite. »

Éden pourrait être l’autre nom de Liberty House, c’est du moins l’ambition d’Arcady

Freaks : Family House est un « refuge pour freaks » après avoir été « un pensionnat pour jeunes filles » et Farah précise : « la maison garde de multiples traces de cette vocation initiale : le réfectoire, la chapelle, les salles d’étude, les dortoirs, et surtout d’innombrables portraits des sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, toute une série de bienheureuses et de vénérables qui n’ont de bienheureuses que le titre à en juger par leur teint de pulmonaire et leur regard chagrin. »

Genre : C’est le problème de Farah, est-elle vraiment une fille ? La gynécologue le confirme, il lui manque des attributs féminins et elle a quelques attributs masculins.

Homme sans qualité, (L’) de Musil dont un extrait est donné en exergue.

Indifférencié et diffus, tel est l’amour à Liberty house et Farah rêve d’« un peu d’exclusivité. »

Jeunes filles : elles étaient autrefois les pieuses pensionnaires de la maison mais désormais, elles se font rares hormis les deux jumelles rousses d’Epifanio et Farah.

Kirsten, grand-mère de Farah a coutume de « déambuler dans le plus simple appareil »

Leçons de lecture inutiles pour Marqui mais à la mort de Jean_Louis «  les lettres avaient cessé de clignoter, les syllabes de s’intervertir, les mots de se télescoper. Brutalement et tragiquement dessillé, il lisait »

Marqui, « Kirsten et moi, respectivement époux, mère et fille de cette élégante épave. » électrosensible et dépressive qu’est Bichette, la mère de Farah.

Noir comme le jeune Erythréens « beau comme un lys noir » qui fait écrire à Farah que « cette beauté est le commencement du terrible et la fin de l’innocence. »

Omnia vincit amor ! Telle est la devise de Liberty House ou du moins d’Arcady. « L’amour triomphe de tout, c’est entendu, mais il semblerait qu’Arcady ait décidé d’en faire un engin de guerre, une arme non létale mais une arme quand même, histoire de rallier la société à nos vues éclairées. »

Porète comme Marguerite Porète ou Paul Claudel qu’Arcady pille sans vergogne ou comme phalanstère qui pourrait définir Liberty house..

Quatre-vingt-seize ans, c’est l’âge de Dadah « née richissime dans une famille de marchands d’art, [elle] n’a rien trouvé de mieux que de s’enrichir encore, au-delà du raisonnable »

Rokitanski c’est le syndrome que suspecte la gynécologue en examinant Farah.

Salo alias Salomon est le bipolaire du familistère.

Technologies : « Nous avons beau vivre à l’abri des nouvelles technologies, il ne faut pas croire, l’actualité nous arrive quand même : ses vagues viennent mourir aux pieds des murailles de pierres sèches qui enclosent le domaine. »

Uniform ou précisément Mädchen in Uniform c’est ce qui vient à l’esprit de Farah en touchant la rampe de chaine de l’escalier de Liberty House.

Victor, obèse rival au « dandinement grotesque mais inoffensif » de Farah auprès d’Arcady

Wyandotte, c’est une des poules de Liberty House

X comme l’inconnu ou l’infini des menaces qui pèsent sur l’humanité et obligent les parents de Farah à trouver une zone blanche loin des « particules fines, d’ondes magnétiques, de métaux lourds, d’OGM, de pesticides, de déchets polluants, de pluies acides, de composés organiques volatils, de débris spatiaux ou de gaz de schiste : la liste des dangers s’allongeait chaque jour »

Yeux « de lézard » du petit Jean-Louis dont « Sans doute aussi atrophié que son cerveau, [le] cœur avait refusé un tour de roue supplémentaire » 

Zéro produit carné, le spécisme des habitants de Family House et leur végétarisme obligent au grand dam de la cuisinière Fiorentina..  

 

extrait : 8. J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir

Je suis arrivée ici en partageant les craintes irrationnelles de mes parents, mais les années passant, les miennes ont pris le pas sur les leurs. Je vais avoir quinze ans, on ne peut plus m’effrayer avec des histoires de phtalates ou de rayonnement électromagnétique : loin de moi l’idée d’en contester le caractère nocif, mais à vrai dire je suis davantage préoccupée de ce que l’homme inflige à l’homme que des perturbateurs endocriniens et des substances carcinogènes. S’il faut mourir de quelque chose, je préfère encore une longue maladie à une balle de kalachnikov : avec une longue maladie, j’aurai le temps de voir venir, le temps de me faire à l’idée, le temps de choisir les amis dont je m’entourerai, et l’endroit précis où j’attendrai la mort – au cœur du cœur de mon royaume, je connais une combe, non même pas une combe, juste un petit affaissement de terrain, tapissé d’herbe tendre et ceint d’un boqueteau de noisetiers, qui fera parfaitement l’affaire. Encore faut-il que je ne meure pas avant, fauchée par une rafale d’arme automatique ou par l’explosion d’une bombe au TATP. Et même si dans mon cas la probabilité d’une mort violente est extrêmement faible, je ne peux pas m’empêcher d’y penser dès que je laisse derrière moi le mur d’enceinte de Liberty House, qui n’aurait rien de dissuasif en cas d’invasion, mais qui a le mérite de matérialiser ce qui nous sépare de ceux qui n’ont pas choisi la voie de la sagesse en sept étapes.

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