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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 14:48

Pas de point d’interrogation pour ponctuer ce titre car il ne s’agit pas d’une question mais d’une réponse sous la forme d’un pamphlet contre les politiciens français de tous bords pratiquant tous une politique néo-libérale : Emmanuel Valls, Myriam El-Khomri, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron. Tous sont les coupables désignés par le titre. Dans le texte, l’auteur s’adresse à son père « « Tu appartiens à cette catégorie d'humains à qui la politique réserve une mort précoce. »

Mais ce n’est pas qu’un pamphlet. L’œuvre débute par le retour de l’auteur chez son père et le choc du premier regard : il ne reconnait plus son père tant il est brisé, à bout de souffle, presque grabataire. L’auteur entreprend alors dans un long monologue adressé à ce père méconnaissable, de rassembler les souvenirs qui les unissent et qui les ont séparés aussi : « Pendant toute mon enfance j’ai espéré ton absence. Je rentrais de l’école en fin d’après-midi, aux alentours de cinq heures. Je savais qu’au moment où je m’approchais de chez nous, si ta voiture n’était pas garée devant notre maison, cela voulait dire que tu étais parti au café ou chez ton frère et que tu rentrerais tard, peut-être au début de la nuit. Si je ne voyais pas ta voiture sur le trottoir devant la maison je savais qu’on mangerait sans toi, que ma mère finirait par hausser les épaules et nous servir le repas et que je ne te verrais pas avant le lendemain. Tous les jours, quand je m’approchais de notre rue, je pensais à ta voiture et je priais dans ma tête : faites qu’elle ne soit pas là, faites qu’elle ne soit pas là, faites qu’elle ne soit pas là ».

En 2001, le malaise du père voyant son fils danser devant ses collègues, un autre soir où l’auteur encore enfant avait trouvé une photo de son père déguisé en majorette alors que depuis toujours, il disait qu’« un homme ne doit jamais se comporter comme une femme »...  C’est que ce père avait quitté l’école de bonne heure pour aller travailler à l’usine, signe de masculinité à son époque. La pauvreté, le corps brisé, peut être même l’alcoolisme sont les résultats de ce sacrifice à la masculinité.  Or ce père est lui-même le fils d’un père alcoolique et pauvre. Le déterminisme social est implacable ! Et les souvenirs s’égrènent ainsi au gré de leur apparition, sans linéarité chronologique. Ils disent le malentendu entre père et fils et aussi l’amour qui les unissait sans s’exprimer vraiment .

"Il me semble souvent que je t'aime" p 21

 

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commentaires

matatoune 24/11/2019 16:07

Beaucoup de plaisir pour moi aussilor de sa lecture. Très beau texte d'amour par un fils pour son père

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