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28 juin 2020 7 28 /06 /juin /2020 11:19

Soie est roman publié en 1996 et paru en français en 1997, la même année que Novecento : Pianiste que j'ai beaucoup aimé et 18 ans avant Trois fois dès l'aube.

 

Dans ses premières pages, l'auteur présente son héros de façon poétique, certes mais peu engageante quand on commence un roman : "C’était au reste un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre.

On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie."

Le sujet, son titre le dit, est la soie : en 1860, Hervé Joncour de Lavilledieu est incité par un étrange personnage aussi ingénieux que généreux nommé Baldabiou à  faire le commerce de vers à soie afin d'approvisionner les sériciculteurs locaux. Il s'approvisionne d'abord en Afrique du nord mais voilà qu'une maladie, la prébine tue les œufs. Baldabiou n'est pas en reste, il conseille à Hervé Joncour d'aller chercher les vers à soie au Japon. Les allers-retours au Japon éloignent chaque année quelques mois Hervé Joncour de sa compagne Hélène. Là-bas, Hervé Joncour achète des œufs de vers à soie à Hara Key dont la jeune maitresse l'intrigue et le fascine. Mais voilà que Pasteur parvient à éradiquer la prébine et qu'au Japon une guerre se déclare.

Dans ce roman, le merveilleux glisse sur le réel comme un voile de soie jusqu'à ce qu'il ne reste plus à Hervé Joncour qu'à cultiver son jardin.

"Le dimanche, il allait jusqu’au bourg, pour la grand-messe. Une fois l’an, il faisait le tour des filatures, pour toucher la soie à peine née. Quand la solitude lui serrait le cœur, il montait au cimetière, parler avec Hélène. Le reste de son temps s’écoulait dans une liturgie d’habitudes qui réussissait à le défendre du malheur. Parfois, les jours de vent, Hervé Joncour descendait jusqu’au lac et passait des heures à le regarder, parce qu’il lui semblait voir, dessiné sur l’eau, le spectacle léger, et inexplicable, qu’avait été sa vie."

J'ai préféré Nocecento : Pianiste et Trois fois dès l'aube car je trouve que dans Soie, l'exercice de style est un peu trop visible. Soie reste quand même une belle découverte.

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