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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 15:01

Green Class est une bande dessinée écrite par David Tako et Jérome Hamon en 2019 en français.


Cette histoire raconte qu'un groupe d'enfant (Naïa,Sato,Noah, Beth, Lucas,Linda) fait une classe verte en Louisiane, aux Etats-Unis mais cela tourne mal à cause d'un virus. Un des leurs est alors contaminé. C'est le début des problèmes.
Ce livre me rappelle une célèbre série nommée « The Walking Dead » qui parle d'une contamination qui transforme les gens en zombies.
J'ai adoré ce livre car c'est de l'aventure et c'est un type de BD que j'adore.
De plus, certains personnages sont (parfois) drôles et il y a du suspens tout au long de l'aventure.
Je note donc cette BD 4,5/5.

Mon quiz https://www.babelio.com/quiz/44207/Green-class
Téo

Le livre que j’ai choisi s’appelle La pandémie, c’est le numéro 1 de la série Green Class.  L’auteur s’appelle David Tako et le dessinateur se nomme Jérome Hamon.

J’ai adoré ce livre car il y a de l’action et l’intrigue m’a plu. Mais j’ai trouvé les écritures trop petites je préfère les grandes écritures. C’est plus facile à lire je trouve.

J’ai choisi ce livre car sa première de couverture laisse imaginer que c’est une bande dessinée avec beaucoup d’action et j’adore les livres d’action. Je pense que les livres avec de l’action maintiennent le lecteur en haleine pour ne pas qu’il décroche de l’histoire, car on a envie de connaitre la suite du livre.

Je l’ai aussi choisi car la bande d’adolescents m’intriguait sur la première couverture. Je me posais des questions sur le livre je ne savais pas ce qui m’attendait. J’ai donc ensuite lu le résumé du livre : le virus qui avait transformé une partie de l’humanité en êtres dépourvus de toute volonté. J’ai tout de suite eu envie d’en savoir plus, j’ai donc emprunté ce livre pour le lire.

L’histoire est intéressante, c’est de la science-fiction. Les personnages sont courageux. J’apprécie les histoires avec des bandes de copains, car je trouve que c’est important d’avoir des amis sur qui on peut compter et avec qui on peut relever des défis, comme ici combattre le virus.

Ce qui m’a aussi intrigué c’est le nom de la série GREEN CLASS alors que sur la couverture on voit une bande d’adolescents qui semble vouloir se battre, ils ont le visage fatigué et agressif. Il n’y a rien d’écologique dans la couverture alors que le nom évoque l’écologie. Cela m’intrigue.

Comme c’est une bande dessinée, j’ai scanné 4 pages, ci-dessous. J’ai choisi ce passage car c’est un moment important dans le livre, il y a des vies en jeu, Noah un adolescent de la bande est kidnappé. C’est un moment crucial dans le livre, il y a de la tension, cela me donne envie d’avancer dans la lecture pour connaître l’issue. Les dessins montrent bien la violence et la vitesse de l’action. Les couleurs sont sombres. Les onomatopées rapportent la violence et le bruit

 

 

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3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 18:23

"Il neige depuis une semaine. Près de la fenêtre je regarde la nuit et j’écoute le froid. Ici il fait du bruit. Un bruit particulier, déplaisant, donnant à croire que le bâtiment, pris dans un étau de glace, émet une plainte angoissante comme s’il souffrait et craquait sous l’effet de la rétraction." ainsi commence Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois.

Et en effet, dans ce roman qui semble explorer les limites de son genre, la neige, la glace, l'eau, la pierre, la chaleur, le froid, la tempête sont autant de perception du monde que l'on découvre à travers une famille franco-danoise et québécoise que l'on accompagne sur deux générations mais aussi à travers de nombreux autres personnages hauts en couleurs comme " Patrick Horton, un homme et demi qui s’est fait tatouer l’histoire de sa vie sur la peau du dos – Life is a bitch and then you die – et celle de son amour pour les Harley Davidson sur l’arrondi des épaules et le haut de la poitrine. Patrick est en attente de jugement après le meurtre d’un Hells Angel" ou Kieran Read, le casualties adjuster, qui travaille à chercher les fautes des morts pour éviter aux assurances de payer ou encore l’odieux Sedgwick. Mais c’est surtout la fabuleuse Winona qui m’a touchée, seule femme véritablement présente dans ce roman si l’on excepte la « beauté exceptionnelle » de la sulfureuse mère du héros. Celui-ci ne tarit pas d’éloge pour son épouse, squaw de Maniwaki de mère irlandaise :  Winona représentait à mes yeux le formidable condensé de deux mondes anciens. De sa mère irlandaise elle tenait cette force de brasser la terre à l’égal de la vie, déblayant les obstacles comme si chaque jour était à faire de ses propres mains. Joueuse, heureuse, d’une loyauté sans défaillance, elle avait de surcroît cette défiance héréditaire à l’endroit de l’Anglais. De sa part autochtone elle avait retenu cette capacité à s’intégrer dans le monde intangible, à faire corps avec lui, lisant les messages du vent, les rideaux de la pluie, écoutant grincer les arbres. Elle avait grandi dans le corridor des légendes, ces histoires édifiantes qui refaçonnaient l’origine des temps, qui disaient que les loups avaient appris aux hommes à parler, qu’ils leur avaient enseigné l’amour, le respect mutuel et l’art de vivre en société. Et aussi les ours. Et les caribous. Ils étaient nos ancêtres comme les aigles, et les arbres de la forêt, les herbes des prairies. Nous mangions tous cette même terre et, le moment venu, elle aussi nous mangerait.

En réalité, outre quelques lamelles de son cerveau profondément algonquines, Winona était aussi une femme pragmatique habitant le ventre des aéronefs et tâtant leur voilure dont il fallait tous les jours vérifier le squelette. »

Alors oui ce roman en atteste, « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » J'ai beaucoup aimé la magnifique galerie de portraits de ce roman.

 

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 22:41

Ce livre a été écrit par Kerstin Gier, traduit par Nelly Lemaire et publié le 7 novembre 2018. C’est un roman où le suspense est très présent, et des révélations se succèdent.

L’héroïne est Fanny, 17 ans, travaillant comme stagiaire au Château des brumes, hôtel dirigé par Roman Montfort (l’irascible) et son frère. Fanny sera confrontée à plein de mystères qu’elle devra résoudre.

Ce livre m’a rappelé le roman « Le Pénultième Péril » dans la série « Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire ». Dans les deux récits, au fil de l’histoire on en apprend sur tous les personnages de l’hôtel.

Pour moi, ce livre m’a apporté le désir de continuer tellement l’intrigue est prenante.

Enfin, ce livre est totalement mon genre, je vais lui donner 5 étoiles.

Voici mon quiz https://www.babelio.com/quiz/44166/Le-Chateau-des-brumes

 

 

Maxence, 4C

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 22:13

Ce livre a été écrit par Mitsu Izumi. Personnellement je ne connais pas d’autres œuvres de cet auteur. Le tome 1 de ce livre est paru en 2018 au Japon. La traduction française a été faite en avril 2019 par Géraldine Oudin. Ce livre est un mangas car on le lit à l'envers, les images sont en noir et blanc.

 

C’est un petit garçon qui est différent des autres, il a les yeux verts, les cheveux dorés et les oreilles pointues. A cause de ces différences, il se fait discriminer. Il aime tellement lire que malgré son interdiction d’entrer dans la bibliothèque, il y va quand même. Il rêve également d’aller dans la bibliothèque centrale, là ou des ouvrages du monde entier sont rassemblés.

Dans ce premier tome les personnages principaux sont Shio Fumis ainsi que Sedona Blue.

Shio Fumis est un petit garçon passionné de lecture, hélas à cause de ses différences, il ne peut pas entrer dans la bibliothèque.

C’est un personnage principal car malgré toutes les méchancetés que lui dit le responsable de la bibliothèque, Shio n'hésite pas à le sauver des flammes. C’est un acte de bravoure car en plus de sauver le père de Sakiya, il risque sa vie pour sauver le seul livre qu'il lui a été permis d’emprunter.

Sedona Blue est une jeune Kahunas âgée de 17 ans qui maîtrise l’élément du vent. C’est elle qui a éteint les flammes en enlevant le dioxygène de l’air. Elle aide Shio à se sentir mieux, en lui faisant confiance.

Quand j’ai lu ce livre j’ai pensé à mon changement d’école et la différence entre elles. Et j’ai le souvenir d’une fille qui pleurait à cause de sa différence, elle n’avait pas d’amie, et cela m’attristait. Quand j’ai vu l’image de Shio qui pleurait pour sa sœur mais aussi quand les enfants le discriminaient, je me suis rappelé la chanson « Ta meilleure amie » qui parle d’une fille qui souffre de ses différences.

Il y a un extrait qui m’a beaucoup marquée :

« Qu’est-ce que je peux faire ? (…) S’il te plaît … lève-toi ! »

Il m’a beaucoup marqué parce que c’est là où le héros est le plus impuissant car malgré son envie d'aider sa sœur, il ne peut rien faire seul et c’est après qu’il part chercher de l’aide et qu’il croise Sedona.

Je pense que Mitsu Izumi s’adresse à tous les enfants qui se font harceler ou discriminer pour qu’ils reprennent courage et se sentent mieux en leur montrant que tout peut s’arranger. L’auteur décrit la méchanceté de l’être humain face aux autres, le rabaissement, la tristesse, mais aussi que tout peut aller mieux si on reste gentil envers les autres.

Cette intention est positive car il remonte la pente grâce à Sedona; et malgré les difficultés la fin est heureuse.

Quand j’ai lu ce manga, j’ai beaucoup aimé le fait que le héros aime lire mais j’ai été heureuse pour Shio quand Sedona lui a confié son livre le plus précieux.

Je n’ai pas trop aimé le fait que les enfants soient méchants avec lui sans vraiment apprendre à le connaître. J’étais en colère contre ces enfants et j’ étais triste pour Shio à cause d’eux.

Dans ce livre, j’ai beaucoup aimé qu’il y ait de la magie : ça rajoute un côté amusant.

J’ai réellement compris et aimé ce livre. J’aimerais vraiment lire le suite de ce manga.

Sur cinq étoiles je lui mets quatre étoiles et voici mon quiz :

https://www.babelio.com/quiz/44145/Magus-of-the-library-tome-1

 

Pour moi ce qui m’a plu dans ce livre c’est la différence de l’enfant car malgré sa différence et sa pauvreté il a un grand cœur et de belles ambitions mais aussi son caractère , cet enfant est courageux et très protecteur des livres mais aussi très peureux . Et dans ce livre rien ne m’a déplu

 

1)L’extrait que j’ai sélectionné ;

 

Pipili  «  Dis donc !Ça ne se fait pas de lire les livres des gens sans leur permission !

Shio -Euh … Excusez-moi !

Pipili  -Si tu voyais ta tête !!! A en croire ton expression … Tu n’as jamais vu de cocopa !

Shio – En fait je …

Pipili  – Je sais ! Je t’observe depuis le début ! Je surveillais les bagages … D ‘ailleurs la propriétaire de cet ouvrage est de retour.

Sedona – On a trouvé une auberge, on va y déposer nos affaires ! Oh … Tiens ? C’est le garçon de toute à l’heure, que fait-il avec mon livre ?

Pipili – Comme tu l’avais oublié sur le banc il en a profité pour gribouiller dessus !

Shio – Euh ..Ce n’est .. pas vrai .

Sedona – Tu n’as pas honte de taquiner un enfant ?

Pipili – Tu ne m’a pas cru ? Je le surveillais dans l’espoir de le disputer mais il est resté assis là à lire bien sagement !

Sedona – Pourquoi tu ne peux pas t’empêcher de tester les gens ? C’est cruel !

Shio – Excuser moi … J’ai remarqué le livre en passant, je n’aurais pas dû l’ouvrir sans votre permission ! Mais il va pleuvoir et je ne voulais pas qu’il soit mouillé. »

 

J’ai sélectionné cet extrait car il montre à quel point il aime les livres et ça explique à quel point il les protège.

Jessie, 4C

 

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 11:27

"Il était une fois un pays qui avait construit des prisons pour enfants parce qu’il n’avait pas trouvé mieux que l’empêchement, l’éloignement, la privation, la restriction, l’enfermement et un tas de choses qui n’existent qu’entre des murs pour essayer de faire de ces enfants-là des adultes honnêtes, c’est-à-dire des gens qui filent droit."

Ainsi commence Le ciel par-dessus le toit. Le titre bien sûr nous rappelle le poème de Verlaine dans Sagesse et il sied comme un gant à ce court  roman où l’on enferme un jeune Loup, frère de Paloma et fils de Phénix, en prison où devenu « Écrou 16587 », il pense à ce poème appris quand il était à l’école, qui parlait du ciel par-dessus le toit mais ce n’est pas la même chose. » La prison pour mineurs, la vie de Loup, de sa sœur Paloma, de sa mère Phénix autrefois Aliette, non tout cela n’a pas grand-chose à voir avec le poème de Verlaine.  Aliette, victime de l’amour de ses parents, s’est retirée de la civilisation pour devenir Phénix et vivre en marge de la ville. Elle a couvert son corps de tatouages, un énorme dragon grime dans son dos, elle a deux enfants de pères inconnus et leur a donné des noms d’animaux, Paloma et Loup pour les protéger des humains. C’est sans compter l’irrépressible besoin de tendresse et d’amour qui malgré ses efforts fera tout pour ramener la famille au monde humain.  

La poésie du récit est aussi saisissante, poésie des images, des sons et des parfums : Phénix « sent la sueur, le fer, l’essence et, étonnamment, le jasmin ». Paloma a acheté des anémones et « Elle se penche sur elles, émerveillée de ce qu’elle découvre, c’est bien la première fois qu’elle remarque ce changement de couleur bien que ce ne soit pas la première fois qu’elle achète des anémones sur le quai du tram et elle chuchote C’est beau bleu.

Doucement, gentiment.

Elle sourit encore et c’est le même effet que le chatoyant de tout à l’heure et même si c’est bancal, c’est une phrase sincère qui sort de sa bouche et ce n’est pas rien. Plus tard, peut-être qu’elle reformera ces mots sans bruit pour se rappeler qu’elle a été une fois dans sa vie capable de parler aux fleurs, de dire quelque chose comme ça, quelque chose qui n’ait de sens que dans l’instant, qui n’ait de beauté que dans son imperfection. »

J’ai beaucoup aimé ce court récit, plein de fraicheur, de poésie et d’humanité.

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 19:28

La Lanterne De Nyx a été publié en 2016 au Japon par Kan Takahama et traduit en 2019 par Yohan Leclerc.Le genre de ce livre est un manga fantastique .

Tout d’abord , il est question d’une grand-mère et de sa petite fille à qui la grand-mère a transmis le don de voir le passé, le présent, le futur d’un objet. Les noms des personnages principaux sont Miyo (la petite fille), Momotashi (son employeur dans le futur)..En 1878, à Nagasaki, un jour de guerre, la grand-mère toucha la broche de sa petite fille pour voir leur avenir… Ensuite,le début évoque la rébellion de Satsoma en 1877 au Japon.

Les rébellions me font penser aux gilets jaunes en 2018 ou encore aux droits de la femme en 1944.

Enfin, j’aime le fait que ça parle d’une grand-mère qui se préoccupe de l’avenir de sa petite fille, je me dis aussi que sa pourrait être le cas de n’importe qui à la place de Miyo. Mais au début je n’avais pas très bien compris car quand je l’ai lu pour la première fois, j’avais compris que la grand-mère racontait son histoire.

Mathilde, 4C

Le quiz de Mathilde : https://www.babelio.com/quiz/44115/LA-LANTERNE-DE-NYX

Ce qui m’a plu dans ce livre c’est le côté historique car on y retrouve des machines et des objets de 1877. De plus, l’auteur a mis des paragraphes explicatifs pour presque chacun de ces objets. Je trouve aussi que ce livre est original car les personnages ont chacun leur personnalité ce qui crée donc beaucoup de rebondissement. Je trouve cependant que le scénario est assez simple c’est le seul bémol.

Extrait du livre :

L’objet du jour est le premier modèle de phonographe, présenté par Edison en 1877. Il ne possédait pas encore de pavillon en forme de trompette (on se servait d’un petit micro à la fois pour enregistrer et émettre le son). Au début, on effectuait certains enregistrements sur un cylindre composé d’un tube en laiton recouvert d’une feuille d’étain, mais la qualité sonore était extrêmement mauvaise et la durée limitée à trente secondes. Il m’a fallu 45 secondes pour fredonner la « chanson de Solveig ». Par conséquent, le cylindre de Momo n’a sans doute pas pu enregistrer la fin. On se servait aussi du cylindre de phonographe dans un article très onéreux : la poupée parlante d’Emile Jumeau. J’en ai entendu une en vrai, on aurait dit un râle d’agonie à vous glacer le sang. Je vous conseille de faire une recherche et de constater par vous-même. Vous ne fermerez pas l’œil de la nuit. J’ai choisi cet extrait car c’est un des paragraphes explicatifs que je trouve particulièrement intéressant.

Thomas, 4C

Le nuage de mots de Thomas, 4C

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 17:32

L’ambition, la sexualité, l’éducation, la réussite, le narcissisme, l’altérité, la justice, la loi, le droit, la société, l’individu, les réseaux sociaux, la solitude, … les choses humaines (reshumana vs respublica ? ) qui sont en jeu dans ce roman conduisent à un constat plutôt désespéré 

: « On était souvent déçu par la vie, par soi, par les autres. On pouvait tenter d’être positif, quelqu’un finissait par vous cracher sa négativité au visage, ça s’annulait, on crevait de cet équilibre médiocre, mais lentement, par à-coups, avec des pauses lénifiantes qui proposaient une brève euphorie : une gratification quelconque, l’amour, le sexe – des fulgurances, l’assurance d’être vivant. C’était dans l’ordre des choses. On naissait, on mourait ; entre les deux, avec un peu de chance, on aimait, on était aimé, cela ne durait pas, tôt ou tard, on finissait par être remplacé. Il n’y avait pas à se révolter, c’était le cours invariable des choses humaines. »

Or ce constat est celui d’un jeune homme de 26 ans seulement, Alexandre FAREL, un jeune homme qui vient de poster sur twitter une photo sur le succès de start-up avec les hashtags #Loving #Success #HappyMe #Thanks #Bepositive #Lovemylife. ! un jeune homme bien de son temps, un jeune homme brillant issu d’une famille parisienne qui côtoie les milieux politiques et intellectuels les plus élevés.

Pour en arriver là, il lui a juste fallu un père self-made-man, journaliste politique, égocentrique et phallocrate, une mère féministe, essayiste très en vue, peu encline au maternage, tous deux ayant déserté le logis familial pour tenter de vivre une autre. Il lui a fallu aussi des études de très haut niveau, destinées à lui préparer un brillant avenir. Il lui a enfin fallu croiser le chemin d’une jeune fille d’origine plus modeste, une jeune rescapée de la tuerie de Toulouse en 2012, jeune fille dont la mère et la sœur se sent repliées dans le judaïsme orthodoxe alors qu’elle, Mila Wizman, 18 ans, tente de retrouver une vie normale aux côtés de son père.

Rien ne permettait d’envisager leur rencontre si ce n’est la passion amoureuse du père de Mila et de la mère d’Alexandre et leur installation pour une vie commune. Alors, en une soirée, l’univers bascule.

Ce roman tout à fait trépidant nous plonge dans les arcanes de la justice, nous faisant découvrir avec les personnages les procédures de garde à vue, de mise en examen, de liberté conditionnelle…découvrir les plaidoyers et réquisitoires, les témoignages divers et ainsi toutes les approches envisageables de la question centrale :  à partir de quand peut-on s’accorder à parler de viol ?  

Des sujets d’actualité, une certaine vision du monde et un art du récit parfaitement maîtrisé, voilà qui aboutit à un très bon roman pour cet automne.

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 21:14

Ce roman est le récit d'un deuil et pas n'importe lequel, celui d'un père, alcoolique, autrefois violent,

négligeant, sale, handicapé, ex informaticien.  Or voilà que cette disparition bouleverse le héros ou l'héroïne, au moins celui ou celle qui raconte.  Le deuil se prolonge jusqu'à la fin du roman où l'on assiste à la réconciliation avec le frère qui, lui, avait pris ce décès avec détachement.

Or dans ce livre, l'essentiel semble se trouver entre les lignes, dans une zone de l'implicite suggéré.

extrait choisi :

"Ma joie de vivre s’était affaissée comme un vieux pont un jour de crue et je ne pouvais que constater les dégâts en attendant des réparations dont je savais qu’elles prendraient des mois. Pour qui exister et agir désormais ? Vers quoi tendre, à qui s’adresser et quelle direction prendre depuis le milieu de rien ? Ça donnait le vertige. Heureusement, pour m’accompagner dans cette chute, je disposais tout de même de ses trois importants conseils principaux :

  1. 1.Le temps passe, tu sais.

  2. 2.La vie est comme la corde d’un instrument : pas assez tendue elle sonne faux, trop tendue elle casse.

  3. 3.Tout s’enchaîne, tout a une conséquence, et si tu fais pas gaffe, en deux minutes, t’es baisé."

Premier roman de cette écrivaine, c'est à n'en point douter un roman largement autobiographique. J'ai personnellement eu quelques difficultés à m'y intéresser.

 

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 15:35

Mass critique Babelio et les éditions Thélème m’ont conduite à de curieuses expériences.

Une dizaine de textes/chansons/poèmes de Mâya HEUSE-DEFAY accompagnés et parfois comme engendrés par la musique de Quentin POURCHOT se succèdent pour laisser ici entrevoir un peu sans doute de ce que Rimbaud dans son « Alchimie du verbe » craignait de ne pas atteindre : le dérèglement de tous les sens, l’hallucination, la voyance. Ici j’ai cru les retrouver dans « C’est, C’était », appel au secours d’une personne à terre au milieu d’un festival, personne ne l’entend, il n’arrive pas à crier ou dans « Évaporation neuronale » avec « J’ai le verbe solitaire et le stylo qui fuit, Phèdre prend racine de mes anesthésies, comme c’est épique ! » ou encore dans « Elise à la grise mine » qui nous transporte dans le rêve d’Elise à la manière d’un « Bateau ivre » et plus encore dans « Joëlle » où la perte d’identité le mal être l’errance aboutissent à un cri « Je veux flirter avec le chaos du désordre » !

Mais à chacun son époque et la verve rimbaldienne contre les bourgeois de Charleville cède ici la place à des textes incisifs et caustiques comme « Je n’atariemp lup altar » contre les « technogogos téléguidés » qui « se câme au toc » et « baissent l’échine, esclaves de la machine » ou « coïto  ergo soy orgasum un vito veritas ejaculum »  qui caricature le monde  du selfie et des réseaux sociaux ou « No pain, No gain (objet) », blason moderne d’une femme d’aujourd’hui totalement artificielle.

J’ai bien aimé aussi « Les Têtes », tourbillon de mots autour des têtes, où j’ai retrouvé cette fois la fraîcheur et la fantaisie d’un Prévert.

En somme, une belle découverte, pleine d’inattendu !

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 20:42

On retrouve ici l’écrivain Nathan Zukerman sorte d’alias de l’auteur déjà rencontré dans J’ai épousé un communiste et dans La Contrevie. Cette fois encore il collecte des témoignages.

Celui de Coleman Silk, soixante-et-onze ans, doyen de l’université d’Athéna et professeur de Lettres Classiques, mis au ban deux ans plus tôt pour une accusation de racisme puis décrié pour sa liaison avec une jeune femme de trente-quatre ans, illettrée, Faunia. On découvrira finalement qu’il vit depuis sa jeunesse dans le mensonge puisqu’il se fait passer pour un blanc alors qu’il ne l’est pas vraiment.

Celui d'Ernestine, le soeur de Coleman qui fera de nouvelles révélations.

Celui de Lester Farley, enfin, l’ex-mari de Faunia, un homme violent qui fait trembler ceux qui croisent son chemin. Nathan Zukerman est persuadé qu’il a provoqué la mort de Faunia et de Coleman mais lorsqu’il le rencontre et parvient à le rencontrer, celui-ci lui explique qu’il vit désormais à l’écart du monde, « près de Dieu » car il a souffert de STPT « Stress et Troubles Post-Traumatiques » depuis son retour du Vietnam et que cela l’a conduit à faire beaucoup de mal, notamment à Faunia. Il reste meurtri et amer, « ça, le gouvernement, il vous le dit jamais. Ils vous disent ce qu’ils veulent bien vous dire. C’est jamais Willie l’Anguille qui se fait prendre. C’est le gars qui est parti pour servir son pays. A tous les coups. » dit-il. Zukerman le craint encore mais son isolement volontaire à la pêche sur un lac gelé ne semble pas propice à la violence.

Mais le récit ne se réduit pas à ce que Nathan Zukerman nous apprend : notamment il permet de découvrir aussi les tribulations d’une jeune parisienne en Amérique : Delphine Roux, ex élève d’Henri IV, diplômée de l’École normale supérieure de Fontenay et de Yale. Celle-ci, pétrie d’ambition, veut avant tout réussir pour montrer à sa mère qu’elle peut réussir brillamment seule, sans sa famille mais elle se trouve bien seule dans ce pays : « Elle qui est si fière de parler l’anglais couramment, qui le parle en effet couramment, elle ne parle pas la langue, en fait. Je crois que je les comprends, et je les comprends. Ce que je ne comprends pas, ce n’est pas ce qu’ils disent, c’est tout ce qu’ils ne disent pas, quand ils parlent. Ici, elle ne se sert que de cinquante pour cent de son intelligence, alors qu’à Paris elle comprenait chaque nuance. Quel est l’intérêt d’être intelligente, ici, puisque du fait que je ne suis pas du pays, je deviens bête ipso facto... Elle se dit que le seul anglais qu’elle comprenne vraiment bien — non, le seul américain —, c’est l’américain universitaire, qui n’est guère américain justement. »

 

Dans ce roman véritablement foisonnant, la vie en Amérique en 1998 est examinée à travers le kaléidoscope d’un regard ou des discours d’une multitude de personnages, mais l’enjeu est exprimé avec véhémence : « La force des convenances est protéiforme, leur domination se dissimule derrière mille masques : la responsabilité civique, la dignité des wasps, les droits des femmes, la fierté du peuple noir, l’allégeance ethnique, la sensibilité éthique des Juifs, avec toute sa charge émotive. » « Un siècle de destruction sans précédent dans son ampleur vient de s’abattre comme un fléau sur le genre humain — on a vu des millions de gens condamnés à subir privations sur privations, atrocités sur atrocités, maux sur maux, la moitié du monde plus ou moins assujettie à un sadisme pathologique portant le masque de la police sociale, des sociétés entières régies, entravées par la peur des persécutions violentes, la dégradation de la vie individuelle mise en œuvre sur une échelle inconnue dans l’histoire, des nations brisées, asservies par des criminels idéologiques qui les dépouillent de tout, des populations entières démoralisées au point de ne plus pouvoir se tirer du lit le matin, sans la moindre envie d’attaquer leur journée... voilà ce qui aura marqué le siècle, et contre qui, contre quoi, cette levée de boucliers ? Faunia Farley. Ici, en Amérique, on prend les armes contre Faunia Farley ou Monica Lewinsky ! »

Quelques pages cependant nous tiennent à l’écart du brouhaha du monde et sont pleines de poésie : celles de la pêche de Lester en montagne sur le lac gelé ou celles de la traite des vaches par Faunia ou encore celles de l’apologie des corneilles par Faunia :

"Des beaux oiseaux. Ensuite je me suis installée ici, et vu que j’étais seule, que je le suis toujours, je me suis mise à connaître ces corneilles comme jamais avant. Et elles à me connaître. Leur sens de l’humour. C’est de l’humour, chez elles ? Peut-être pas, mais moi, en tout cas, c’est ce que j’y vois. Leur démarche. Leur façon de se cacher la tête sous l’aile. De m’engueuler quand j’ai pas de pain à leur donner. Allez, Faunia, va chercher le pain. Elles ont une démarche majestueuse. Elles font la loi aux autres oiseaux. Samedi, j’ai fait un brin de causette avec une buse à queue rousse, dans Cumberland Street, et puis je suis rentrée et j’ai entendu deux corneilles, derrière, dans le verger. J’ai compris qu’il y avait du grabuge. Elles poussaient leur cri d’alarme. Et en effet, j’ai vu trois oiseaux, deux corneilles qui croassaient et qui faisaient déguerpir la buse. C’était peut-être celle à qui je venais de parler. Elles la chassaient. C’est vrai que la buse avait l’air de préparer un mauvais coup. Mais s’en prendre à une buse, tout de même, je vous demande un peu ? Ça les pose auprès des autres corneilles, mais, moi, je sais pas si j’oserais. Même à deux, se prendre une buse. C’est qu’elles sont agressives, ces bestioles. Vachement teigneuses. Un bon point pour elles. J’ai vu une photo, un jour, d’une corneille qui allait carrément chercher la bagarre à un aigle en lui aboyant dessus. Tu penses que l’aigle, il en avait rien à secouer, il la voyait même pas. Mais c’est un sacré numéro, la corneille. Cette façon qu’elle a de voler. Elle est pas aussi jolie que le grand corbeau, quand il vole, qu’il fait tous ces loopings, ces acrobaties merveilleuses. Elle a ce long fuselage à faire décoller, et pourtant, elle a pas besoin de courir pour prendre son élan. Il lui suffit de quelques pas. J’ai observé ça. C’est plutôt une question d’effort, elles font un effort énorme, et elles s’arrachent."

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