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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 21:40

Auteur : François Librini

Titre : A plein tube !LibriniTube.jpg

Edition : Magnard

Collection : Tipik Junior, 2004

Genre : roman policier

Thème : une enquête policière en Bretagne

C'est l'histoire d'un garçon qui s'appelle Etienne. Il devait aller à New-York avec ses parents mais ils ont décidé de partir sans lui.

Alors Etienne partit chez son oncle Patrick. Il arriva le dimanche 8 avril. Son oncle lui proposa de faire du canoë mais ils furent surpris par la pluie et le vent. Etienne réussit à se sauver mais pas son oncle. Etienne trouva une grotte pour se réfugier, il y découvrit un tube bleu, il le prit et en sortit des listes de noms et de prénoms de personnes. Etienne pensa que cela ressemblait à un trafic. Il mit le tube dans sa poche mais deux hommes s'approchèrent et lui demandèrent : "C'est à vous ces papiers?" Etienne s'enfuit. Les deux malfrats le cherchaient partout.

Le lendemain, Etienne appela tous les hôpitaux pour savoir si son oncle n'y était pas. Il finit par le trouver et lui confia les papiers trouvés dans le tube. Son oncle était journaliste, il écrivit un article dans le journal afin de démanteler le trafic....

Extrait choisi page 20 : "Alors que je me rasseyais, ma main toucha un objet de forme cylindrique dont la texture n'était pas celle de la roche. Je le saisis et l'approchai de l'entrée de la grotte pour avoir un peu de lumière. C'était un petit tube en plastique bleu d'à peine dix centimètres de long. "Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Qu'est-ce que ça fait là ?" me demandai-je. J'en ôtai le couvercle. A l'intérieur, plusieurs feuilles de papier, roulées, tassées. Je m'apprêtais à les sortir lorsqu'un bruit me fit sursauter. Une voix ! il me semblait avoir entendu une voix ? Par ce temps ? Je tendis l'oreille. Rien, mis à part le vacarme assourdissant de la pluie qui tombait. Avais-je rêvé ?

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:28

moderato_cantabile_3632.jpgCe roman ne date certes pas de la dernière pluie puisqu'il a été publié en 1958 mais je viens de le relire pour les besoins du travail et, stupeur, il a conservé toute la fraîcheur d'une pluie d'été justement. Comme toujours avec Duras qui ne rate jamais son affaire, je suis encore sous le charme, subjuguée par le je-ne-sais-quoi des romans de Marguerite Duras.

Moderato Cantabile c'est l'histoire d'une sonatine de Diabelli encore et encore répétée, de la sirène hurlante de l'arsenal, d'une villa au bord de la mer, d'un arsenal, d'un café, d'une fleur de magnolia qui n'en finit pas de fleurir puis de faner, d'un cri de femme, du rose de journées finissantes, du rouge du crépuscule, du vin qui empoisonne, du sang d'un crime passionnel et du tricot d'une patronne de café, ,... toujours les mêmes comme une obsession lancinante qu'il s'agit pourtant de faire aboutir.

Entre Anne Desbaresde, l'épouse oisive du directeur d'Import-Export et des Fonderies de la Côte et Chauvin ancien ouvrier des Fonderies, il y a un monde et pourtant :


"Le service de canard à l'orange commence. Les femmes se servent. On les choisit belles et fortes, elles feront front à tant de chère. De doux murmures montent de leur gorges à la vue du canard d'or. L'une d'elle défaille à sa vue. Sa bouche est désséchée par d'autre faim que rien non plus ne peut apaiser qu'à peine, le vin. Une chanson lui revient, entendue dans l'après-midi dans un café du port, qu'elle ne peut pas chanter. Le corps de l'homme sur la plage est toujours solitaire. Sa bouche est restée entrouverte sur le nom prononcé.

_ Non merci.

Sur les paupières fermées de l'homme, rien ne se pose que le vent et, par vagues impalpables et puissantes, l'odeur du magnolia, suivant les fluctuations de ce vent.

Anne Desbaresde vient de refuser de se servir. Le plat reste cependant encore devant elle, un temps très court, mais celui du scandale."



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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 20:35

Dans le roman de Théophile Gautier, il est vrai qu’il y a une belle histoire, bien construite, celle d’un baron qui par hasard intègre une troupe de théâtre. Il rencontre une fille charmante qui lui plaît énormément, il se passe plein de péripéties. Au cours de la lecture, ce livre révèle plusieurs surprises comme celle de l’amant que l’on découvre comme le frère de cette fille nommée Isabelle.

Cettcapitaine-fracasse.gife histoire est réaliste et se passe au début du XVII ème siècle. Elle nous renseigne à propos de la vie à l’époque : les voyages à cheval ou les combats à l’épée.

 

Voilà les arguments positifs de ce livre, je vais m’attarder sur ceux négatifs.

Je trouve ce roman ennuyant car il y a peu d’actions, elles sont brèves et l’écriture du livre est davantage fondée sur la description. Au début plus de dix pages sont concernées par la description du château. Lors des combats, chaque mouvement est décrit et le narrateur donne son avis, ce qui rallonge le nombre de pages par rapport à l’histoire. Le rythme des péripéties est vraiment très lent, ce qui endort le lecteur.

Il  y a aussi un autre problème qui me gêne c’est le vocabulaire. Sur toutes les pages, il y a au moins cinq ou six mots que je n’avais jamais rencontrés et dont je ne comprenais pas le sens.

J’invite tous les lecteurs de ce livre à aller regarder au moins un extrait vidéo sur internet (You tube) pour mieux comprendre l’histoire.

Je peux en conclure que ce livre est instructif mais ennuyant.

Je le recommande aux bons lecteurs.

Voir pour vous faire une idée le texte intégral sur Wikisource

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 17:34

course-aux-fantomes.jpg

La Course aux fantôme est un roman de Christine Beigel édité par Syros dans la collection Souris noire.


Voici le début de l'histoire :

 

Après avoir vu un individu mystère à sa porte, Benjamin se demande comment il a pu entrer. A ce moment là, il se rend compte qu'il y a un passe sur la porte. Mais il se demande aussi comment cet intrus a fait pour se "volatiliser" et il se fait des idées farfelues comme "peut-être que c'est un vrai fantôme" !

Quand cette idée lui vient à l'esprit, il décide de mener sa propre enquête. "Est-ce un magicien? Un illusionniste? Un VRAI fantôme?" " Mais si c'est un VRAI fantôme, c'est assez normal qu'il se "volatilise". Mais au même moment, le prétendu fantôme réapparait devant lui et le poursuit dans toute la maison.

 

Quentin P. 5e B

 

Et voici un résumé de l'histoire :


Une mystérieuse aventure se passa pour les treize ans de Benjamin. Un jour où ses parents n'étaient pas là, Benjamin entendit un cliquetis de passe-passe dans la serrure. Un homme ouvrit la porte, Benji fut cloué par terre de stupeur, son assaillant bouche-bée, repartit aussitôt dans un coup de vent.
Le soir, il préféra ne pas en parler à ses parents. Jean le père de Benji prit la parole au repas :
«Benji, pour ton anniversaire, j’ai décidé...hem de...» Il prit une grande inspiration et continua «j'ai décidé de t'offrir un voyage à New Delhi parce que… et bien tu as un frère…» Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que, sur ces mots, Benji alla dans sa chambre.
Le lendemain matin, il fut réveillé par un coup de téléphone, peut -être son frère ou le cambrioleur, il finit par décrocher. Un homme criait à Benji et son père de ne pas venir.
Le départ à New Delhi était déjà prévu, et il n’allait tout de même pas le dire.

A New Delhi, les excuses faites, Benji et son père rencontrèrent un homme, Luc. Arrivés à l’hôtel, ils se rendirent compte que tous leurs bagages étaient défaits. Benji avait peur, mais son père le réconforta.
Ils  changèrent d'hôtel.
«Papa où est mon frère, Sanjee?» demanda Benji. Son père lui répondit qu’ils y seraient bientôt mais Benji avait l'impression que Luc les suivait.
Des personnes, deux jours plus tard, essayèrent  de les tuer. Les soupçons de Benji à propos de Luc se multipliaient. « Pour la deuxième fois, je vais essayer d'en parler à mon père », se dit-il. Enfin son père le crut et ensemble ils décidèrent de tendre un piège à Luc, pour être sûr. Son père prit la parole :
«Luc veut que j’avoue où est caché Sanjee.»
Ils allèrent chez le barbier pour le plan. Le père de Benji offrit à Luc tout ce que le barbier savait faire. Le barbier commença à raser le cou. Alors, Benji prit le sac de Luc qui ne pouvait pas bouger car il se ferait couper le cou. Il s'énerva et jura de les tuer. Benji et son père allèrent dans un restaurant et fouillèrent le sac : Luc était un faux nom ! Quand ils quittèrent le restaurant, Luc les attendait avec une arme et il leur dit de le conduire à l'habitat de Sanjee car il voulait le tuer.
Jusque là, le plan fonctionnait à merveille, mais Benji avait peur. Ils arrivèrent chez Sanjee,  c'était une maison dans une ancienne ville. Son père appela Sanjee qui arriva aussitôt. Luc était près de lui. Il tenta de lui tirer dessus. Mais, tout à coup, des dizaines de personnes arrivèrent. Luc lâcha son arme et fut arrêté par la police. Sanjee était devant Benji ….
Benji revint en France heureux d’avoir vu son frère, il n'était plus du tout énervé mais heureux : ce frère, c'était le meilleur cadeau que l’on puisse lui faire.

 

Nel LS, 5e B

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 18:27

La-couleur-des-sentiments.jpgDans ce roman de Kathryn Stockett, ce sont des "bonnes" noires, qui élèvent les enfants des blancs, s'occupent de tout dans la maison, et gèrent , une fois leur journée de travail terminée, les problèmes du quotidien.
À Jackson Mississipi, c'est le seul avenir possible pour Aibileen et Minnie, qui n'ont pas la possibilité de faire des études, interdites aux Noirs, dans cet État des États-Unis, dans les années 1960. Skeeter, la fille d'un riche producteur de coton voudrait savoir ce que l'on ressent quand on est humiliée en permanence par ces jeunes femmes blanches qui consacrent pourtant leur temps à des oeuvres de charité pour les petits enfants d'Afrique. Terrorisées à l'idée de perdre leur travail, les bonnes se refusent au début à parler d'elles-mêmes, puis, les langues se délieront afin de publier un jour ce qui sera "leur livre". Rien ne sera plus alors comme avant.

Dans ce premier roman de Kathryn Stockett, les narratrices, chacune leur tour prennent la parole; Minnie, celle qui n'a peur de rien sauf de son mari ; Aibileen, qui écrit dans son livre à prières afin de venir en aide à son prochain, et enfin Skeeter, qui voudrait savoir pourquoi sa nourrice noire l'a brusquement abandonnée alors qu'elle représentait tout pour elle.

On rit devant les déboires sentimentaux de la pauvre Skeeter, qui ne trouvera jamais à se marier selon sa mère, de Minnie qui décidément n'a pas froid aux yeux, mais on est également ému de découvrir qu'il y a à peine 50 ans, la vie d'un Noir ne valait pas grand-chose à Jackson Mississipi.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 20:05

L’auteur du livre est Amélie Nothomb, elle est née le 13 Août 1967 à Kobe au Japon, elle est écrivain belge française. Elle vit entre Paris et la Belgique, la terre de ses aïeux.

stupeur.jpg

Le titre du livre que j’ai lu est Stupeur et tremblements publié en 1999. Il a été récompensé par le Grand Prix du roman de l’Académie Française en 1999. De plus le livre a été adapté en film par Alain Corneau.

 

L’éditeur est Albin Michel et la collection « le livre de poche ». C'est un roman  immédiatement  contemporain. C’est un roman autobiographique, inspiré de la vie d’Amélie Nothomb. Le registre utilisé est plutôt comique, ironique voire sarcastique. C’est un monologue argumentatif, il ya des dialogues et des parties narratives.

Amélie utilise plutôt un langage courant et parfois familier.

 

       Résumé :

 

Amélie a vécu 5 ans au Japon puis est allée en Belgique. A 22 ans, elle est engagée en tant que traductrice au Japon dans une société appelée Yumimoto. Là-bas, Amélie est aux ordres de Melle Mori, appelée Fubuki, une femme de 29 ans, d’ 1.80 m qui est au ordre de Saito, un homme petit et maigre de 50 ans, lui-même aux ordres de Omochi, un homme effrayant et obèse aux ordres du président Haneda. Amélie trouve élégant et aimable ce dernier mais elle le voit rarement. Pendant son contrat d’un an elle ne va pas être interprète, elle va servir des cafés, faire des photocopies et à la fin elle va être la « dame pipi ». Elle se fait réprimander par tous ses supérieurs. On la prend pour une moins que rien mais elle ne démissionne pas pour conserver son honneur (notion japonaise fondamentale). Peu avant la fin de son contrat, Amélie annonce à ses supérieurs qu’elle ne reconduira pas le contrat, Fubuki va alors l’humilier en lui demandant quel métier elle va pouvoir faire, ramasser les ordures ?

Amélie retourne en Belgique et publie son premier livre en 1992 et en 1993 elle reçoit une lettre de Mori Fubuki la félicitant, de plus elle est écrite en Japonais.

 

      Extrait représentatif : p 166

 

  « Nous approchons du terme de mon contrat et je voulais vous annoncer, avec tous les regrets dont je suis capable, que je ne pourrai le reconduire. » Ma voix était celle, soumise et craintive, de l’inférieure archétypale.

_  Ah ? Et pourquoi ? me demanda t-elle sèchement […]

_  La compagnie Yumimoto m’a donné de grandes et multiples occasions de faire mes preuves. […] Hélas je n’ai pas pu me montrer à la hauteur de l’honneur qui m’était accordé. […]

_ C’est exact. Selon vous, pourquoi n’étiez-vous pas à la hauteur ? 

Etait-il possible qu’elle me demande pourquoi je n’étais pas à la hauteur des chiottes de l’entreprise ? […] Je prononçai l’énormité suivante :

_ Parce que je n’en avais pas la capacité intellectuelle.

_ Je le pense aussi. Quelle est, d’après vous, l’origine de cette incapacité ?

_ C’est l’infériorité du cerveau occidental par rapport au cerveau nippon.

_ Il y a certainement de cela ; Cependant, il ne faut pas exagérer l’infériorité du cerveau occidental moyen. Ne croyez-vous pas que cette incapacité provient surtout d’une différence propre à votre cerveau ?

_ Sûrement ».

 

Mon avis :

 

J’ai bien aimé ce livre car il nous apprend combien les Japonais veulent garder leur honneur : les femmes doivent être mariées avant 25 ans autrement c’est la honte. Au Japon, l’existence c’est l’entreprise, ils ne prennent presque pas de vacances. C’est ce que dénonce Amélie, elle dit que ce n’est pas la vie.

J’ai aimé la fin quand Fubuki envoie une lettre, cela m’a étonnée, ça a dû être dur pour Fubuki d’avouer qu’Amélie avait une certaine faculté intellectuelle.

De plus, c’est un livre pas trop dur à lire,  je n’ai pas trouvé de grandes difficultés. 

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 09:35

Victor Zolotarev vit à Kiev avec Micha, un pingouin cardiaque et neurasthénique qu'il a adopté après le départ de sa petite amie, une jolie blonde toujours pensive qui ne disait jamais rien. « A l'automne dernier, le zoo a offert ses pensionnaires affamés à tous ceux qui voudraient les entretenir. Justement, Victor se sentait seul depuis que son amie l'avait quitté, une semaine auparavant. » Victor est journaliste mais il n'a pas de travail, il aimerait écrire un roman ou des nouvelles mais il ne réussit jamais à développer au-delà d'une page.

le-pingouin.jpg

Un jour, un patron de presse lui propose un travail et Victor, soucieux de subvenir aux besoins quotidiens de Micha en bains glacés et poisssons surgelés s'empresse d'accepter. Il s'agit d'écrire la notice nécrologique des notables de Kiev (les "petites croix") afin que le journal dispose de notices toutes prêtes le jour venu. Chaque semaine, Victor reçoit pour ce travail 300 dollars, seule monnaie de valeur dans cette Ukraine post-soviétique des années 90.

Le manque de reconnaissance commence bientôt à titiller Victor (Vitia pour les intimes)  d'autant plus qu'aucun de ses articles n'est publié car aucune de ses petites croix ne meurt. Cela ne dure pas. Certes, la reconnaissance ne vient pas car Victor signe ses articles par "Un groupe de camarades" comme le prévoit le contrat avec son patron. Mais les "petites croix" se mettent à mourir de façon brutale à mesure que Victor écrit leur nécrologie... Chercher à comprendre, c'est mortel.

Dans ce roman traduit du russe, l'humour, les personnages décalés, la poésie, le suspense, la satire, il y a tout pour passer un très, très bon moment de lecture !

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 09:40

des_hommes_laurent_mauvignier_minuit_editions_list-copie-1.jpg

 

Bernard surnommé Feu de Bois traîne une existence d'exclu alcoolique et sale dans le village français de sa jeunesse où vit aussi toute sa famille. Il est revenu seul au village après avoir fondé une famille avec Mireille à Paris, à son retour d'Algérie. Nul ne sait ce que sont devenus sa femme et ses senfants.



Un après-midi d'hiver , il surprend tout le monde en offrant à sa soeur Solange, un cadeau d'anniversaire, un cadeau de valeur que tous perçoivent comme une provocation de la part d'un tel va-nu-pieds. 

 

 

 

"Après tout ce qu'on a fait pour toi.

Et qui aura parlé en premier de la Vieille. Qui aura dit : la mère.

T'es allé dépouiller la Vieille.

Et Solange lâchant d'un souffle,

Ça suffit,

Reprenant,

Taisez-vous." (p 36)


L'écriture, étrange par sa mise en page, ces phrases comme restées suspendues, fait peu à peu émerger  l'être humain sous sa rebutante carapace. Longtemps enfouis et pourtant si présents qu'ils provoquent chaque nuit les insomnies de Rabut, le cousin de Bernard, les souvenirs échappent peu à peu  au cahot : en 1960, le départ pour l'Algérie et puis cette guerre :

"comment on avait renoncé à croire aussi que l'Algérie, c'était la guerre, parce que la guerre se fait avec des gars en face alors que nous, et puis parce que la guerre c'est fait pour être gagné alors que là, et puis parce que la guerre c'est toujours des salauds qui la font à des types bien et que les types bien là il n'y en avait pas, c'étaient des hommes, c'est tout, et aussi parce que les vieux disaient c'était pas Verdun, qu'est ce qu'on nous a emmerdés avec Verdun, ça une saloperie de Verdun, combien de temps ça va durer encore, Verdun, et les autres après qui ont sauvé l'honneur et tout et tout alors que nous, parce que moi, avait raconté Février, tu vois, moi, j'ai même pas essayé de raconter parce qu'en revenant, il n'y avait rien pour moi..."  (p 229)

Aussi impossible à taire qu'inutile à dire, le souvenir tourmente les hommes et les photos ensoleillées ne disent rien de la peur, des horreurs, de l'ignominie et de l'impossibilité de s'en remettre tout à fait. 

Entre un "Après-midi" (premier chapitre) et un "Matin" d'hiver (dernier chapitre), Laurent Mauvignier plonge son lecteur au coeur des consciences, magma d'où émerge le passé des appelés, des fellagas, des harkis, des colons.

Un livre à lire, pour comprendre un peu...

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 16:12

ouistreham.gif« La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu’en dire, ni comment en prendre la mesure. Tout donnait l’impression d’un monde en train de s’écrouler. Et pourtant, autour de nous, les choses semblaient toujours à leur place. J’ai décidé de partir dans une ville française où je n’ai aucune attache, pour chercher anonymement du travail… J’ai loué une chambre meublée.

Je ne suis revenue chez moi que deux fois, en coup de vent : j’avais trop à faire là-bas. J’ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers, et je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage. Je suis devenue blonde. Je n’ai plus quitté mes lunettes. Je n’ai touché aucune allocation. Il était convenu que je m’arrêterais le jour où ma recherche aboutirait, c’est-à-dire celui où je décrocherais un CDI. Ce livre raconte ma quête, qui a duré presque six mois, de février à juillet 2009.

J’ai gardé ma chambre meublée. J’y suis retournée cet hiver écrire ce livre. »

Florence Aubenas

 

 

Le nom, le visage et la voix de Florence Aubenas sont célèbres en particulier depuis sa longue période de captivité en Irak en 2005 . Cela ne l'a pas empêchée d'endosser le rôle d'une femme en quête d'emploi dans la région de Caen de février à juillet 2009.

Voilà donc Florence Aubenas en femme proche de la cinquantaine, bachelière mais n'ayant pas travaillé depuis quinze ans qui se présente au Pôle Emploi de Caen alors que l'on ne parle partout que de la "crise" depuis 2008.

Seule issue pour un cas désespéré comme elle, faire des ménages et encore, son cas est si difficile qu'il est confié à une agence d'interim. Elle apprend à rédiger un CV et à trouver quelles passions peuvent y être inscrites pour intéresser un employeur de femmes de ménage !

Entre espoir ténu de trouver quelques heures ici, quelques autres heures plus loin et peur continue de perdre ces emplois qui pourtant n'en sont pas, c'est la précarité au quotidien que nous fait découvrir ce livre : Partir à l'aube, s'aventurer dans des Zac déshumanisées, prendre sur soi pour ne pas sentir la douleur dans les muscles et les articulations, pour rester insensible à l'humiliation permanente, à l'angoisse du lendemain puis rentrer fourbue à la nuit, après des heures supplémentaires qui ne seront jamais payées, avec à peine de quoi vivre et croiser sur son chemin beaucoup d'autres précaires qui enchaînent les CDD mais se secouent pour continuer.

Le travail le plus stable  qu'elle ait trouvé : le nettoyage des "sanis" sur les ferries de Ouistreham, fonction réservée aux femmes ! La première fois, elle s’est précipitée pour tenter de rattraper Mauricette, la contremaître, qui lui a paru s’écrouler à terre dans « un sani ». Mais pas du tout ! Sa cheftaine lui montrait comment s’y prendre pour aller vite. Car le nettoyage ne doit pas durer plus de trois minutes par cabine ! L’escale du bateau ne dure qu’une heure.

Florence Aubenas a mené cette vie aux côtés de Marilou, Victoria, Marguerite ou Philippe mais elle avait elle quelques atouts : sans compter la certitude d'une autre vie possible, elle a dans le livre l'atout de ne pas avoir mal aux dents comme au moins deux des femmes rencontrées et la possibilité d'utiliser une voiture qu'elle surnomme "le tracteur" : cette voiture, prêtée par l'amie d'une amie, lui permet d'accepter des heures de ménage loin de son deux pièces de Caen.

Ce livre s'inscrit dans une longue lignée de livres d'enquête "dans la peau de..." parmi lesquels Dans la peau d’un Noir, de John Griffin, (1961), Tête de Turc de Gunther Walraff (1986),  Dans la peau d’un intouchable, de Marc Boulet (1994)... et nous ouvre les yeux sur le monde dans lequel nous vivons ! 

Comment ce livre a t-il pu être écrit ? F Aubenas l'explique :

 

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 14:18
Le Horla (1886 puis 1887) est une très célèbre nouvelle fantastique de Guy de Maupassant, disponible dans ses trois versions successives (Le Journal d'un fou de 1885 puis les deux versions du Horla de 1886 et 1887) en Folio ou ici en pdf.
Voici la version de 1887 lue pour littérature audio par Romy Riaud à écouter:



 
Le Horla  a déjà été adapté au cinéma à huit reprises, en série TV, courts métrages et films.
Ce court métrage français de Boris Labourguigne et Bastien Raynaud, remarqué au dernier Festival de Cannes, nous propose une autre lecture de l'oeuvre de Guy de Maupassant. L'oeuvre continue de fasciner ...


"In the form of a video-journal, the narrator conveys his troubled thoughts and feelings of anguish. All around him, he senses the presence of a being that he calls the "Horla". The presence of the Horla becomes more and more intolerable to the protagonist." Directors: Boris Labourguigne & Bastien Raynaud Running Time: 19'59 Country: France 

 

 

 

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