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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 15:05

 

Publié aux éditions de La Part Commune et illustré par un Jean-Yves André, ce recueil de poésie d’Olivier

cousin est le second que je lis et sûrement pas le dernier. Cette fois le poète nous convie à une balade Sous [le] ciel sans paupière (Quel titre magnifique ! ) du bassin méditerranéen en commençant par Le Latium, la Campanie, la Toscane et la Sicile :

« Le tour de la ville vacille dans la lumière

Un chemin m’éloigne dans les collines

Plantées d’arbres verts et cendre

Des voix montent de l’oliveraie

Deux hommes trop loin

Dont l’italien s’échange à pleines mains »

La balade se poursuit en Crète :

« Assis sur une colonne sous le soleil ardent

–un fou a déchiré les nuages un à un_

Je consulte le dieu des sept erreurs

Aurait prévu de rester aux abonnés absents

Au moins jusqu’en 2022 »

 

Et le voyage se poursuit dans les îles ioniennes et dans le Péloponnèse :

« La réponse ne figurait pas hier

Dans la tribune hellénique achetée à Nauplie

Au café une étincelle jaillit de ma tasse

J’aimerais être Henri Schliemann

Pour apprendre au patron qu’Agamemnon

Le géant de Mycènes trahi par les siens

Est devenu autre chose que le gérant ventripotent

Dans un restaurant pour touristes et groupes scolaires »

 

La balade se poursuit en Turquie du côté de Bodrum avant de remonter vers l’Andalousie où j’ai trouvé cette pépite :

 

Les chemins andalous

Le soleil est mal accroché au ciel

Parfois il se montre bon envers les hommes

Parfois rien ne va sur les chemins qu’il trace pour eux

 

Je laisse mes yeux traîner

Sur les quatre domaines du vent

J’ai suspendu ma veste au seul nuage qui passe

 

Le sol est rougi de tant de sang,

De honte et d’orgueil, que là

Poussent des arbres à sève hautaine

 

J’avance pensant sans cesse

à ceux qu’on a couchés au bord du chemin :

Paysans, poètes, journaliers ou bandits

 

Et ce sont ces chemins

Qui me marchent à travers le cœur.

Grenade Cordoue, avril 2008

 Une belle balade poétique que je vous recommande chaudement en ce 20e printemps des poètes entre giboulées et coups de vent.

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 21:06

J'ai reçu ce recueil au courrier, soigneusement empaqueté dans un enveloppe craft bien scotchée, doublée de papier bullé. J'y ai ai trouvé le recueil entouré d''une copie d'écolier.

Comment résister, je l'ai dévoré et puis quoi ? Comment en parler ? Laissons-le dire :

 

SOUVENIRS CARNIVORES

Le destin a le coeur fragile

Le chat a la griffe facile

La langue a les mots qui dérangent

La nature a le feu aux joues

La mouche a le vol agaçant

et des tendances suicidaires

L'enfant a la force tranquille

la poudre aux yeux devant lui

et l'avenir qui le démange

[...] p 32

 

SANS VOITURE SOUS LA LUNE

[...]

On déguste le silence
avec le premier café
au coeur de cette dépolulation
un brin suspecte
que seuls des dieux
d'une rare efficacité
auraient le pouvoir d'éterniser

[...] P 95

 

FILER DOUX VERS LE LARGE

Le chemin vers nulle part
croise souvent le chemin vers ailleurs
L'allure seule fige la destination

Nous filons en pente douce
buter contre les vagues
poursuivis par les lignes de fuite

Les maisons accroupies dans les garennes
se laissent flatter léchine
par des tempêtes condescendantes

[...] p 71

 

Je pourrais continuer, il y a plein de jolies pages mais je ne vais pas tout déflorer !

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 12:20

Ce roman publié en 2017 est le premier roman d'une jeune femme qui jusque là s'était investie dans le cinéma. 2017, c'est le temps de #metoo, des femen et des pussy riots, les femmes sont au devant de la scène... mais au même moment des femmes afghanes sont emprisonnées car leur mari a été tué ou car elles ont quitté leur foyer ou car elles ne se sont pas laissé violer, c'est ce que Sonia Naudy montre dans son photoreportage ... et tant d'autres femmes dans tant d'autres pays sont traitées comme des esclaves.

 La Tresse sélectionne aussi trois histoires dans une multiplicité, celle de Smita, l'Intouchable , celle de Giulia, la jeune sicilienne, celle de Sarah, avocate canadienne. Giulia n'a que vingt ans, elle découvre l'amour, apprend à faire le deuil de son père et à imposer ses décisions. Les deux autres sont mères, Sarah a trois enfants qu'elle élève seule mais surtout un métier et des ambitions jusqu'à ce qu'un cancer lui brise les ailes. Smita a une fille de six ans et pour lui donner un avenir, elle quitte avec elle sa maison, son mari, son travail. L’auteure tresse leur histoire, elle se montre dans quelques poèmes en intervalles dans ce travail de tressage et elle travaille  de sorte qu'une tresse de cheveux sera le lien entre ces trois femmes d'Inde, de Sicile et du Canda.

Le roman offre surtout un intérêt documentaire. La vie de Sarah au Canada peut nous sembler proche de la  nôtre, celle de Giulia aussi mais la vie de Smita revoie à un univers nettement moins connu et le livre est sur ce point  très bien documenté :

"C'est ainsi quand on n'a plus de mari, on n'a plus rien," soupire-t-elle. Smita le sait : une femme n'a pas de bien propre, tout appartient à son époux. En se mariant, elle lui donne tout. En le perdant, elle cesse d'exister. Lackshmama ne possède plus rien, à part un bijou qu'elle est parvenue à dissimuler sous son sari, offert par ses parents pour son mariage. Elle se souvient de jour faste où, ornée de riches parures, elle avait été conduite au temple par sa famille en liesse pour célébrer ses noces. Elle était entrée dans le mariage avec somptuosité ; elle en sortait dans un total dénuement. Elle aurait préféré que son mari l'abandonne, avoue-t-elle, ou la répudie, au moins la société ne l'aurait pas reléguée au rang de paria, peut-être ses proches auraient-ils montré quelque compassion, là où ils ne lui témoignaient que mépris et hostilité. Elle aurait préféré naître sous la forme d'une vache, ainsi elle aurait été respectée. Smita n'ose lui dire qu'elle a fait le choix de quitter son époux, d'abandonner son village et tout ce qu'elle connaissait. À cet instant, en écoutant Lackshmama, elle se demande si elle n'a pas commis une terrible erreur." (p.157)

 

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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 14:27

 

3 raisons/3mn par Léopoldine, 4D

3 raisons/3 mn par Una, 4C

«  Migrant »  a été écrit par EOIN COLFER et ANDREW  DONKIN. Il a été écrit en octobre 2017

alors que  l’actualité parle beaucoup des migrants  qui arrivent en Europe. Ce texte a été écrit en français dès  l’origine. Il appartient au genre de la bande dessinée et il est composé de plusieurs chapitres.

Cette bande dessinée me fait penser aux images d’actualité à la télé. Il me fait aussi penser au roman « La Traversée » de Jean-Christophe Tixier.

L’action se passe en Afrique, en Italie, et sur La Méditerranée (l’année n’est pas dite mais je pense que ça se passe maintenant). Il y a de l’action dans ce livre. Les personnages principaux sont Ebo,  un enfant qui essaye de traverser la Méditerranée, Kwame son frère qui essaye aussi de traverser la Méditerranée avec lui. I l leur arrive plein d’aventures  entre des chapitres alternant le passé et le présent.

L’histoire parle d’Ebo qui est en Afrique et  à la recherche de son frère. Il pense que son frère a pris le bus donc il le prend aussi. Il arrive dans une ville où il trouve du travail en tant que chanteur dans les mariages. En chantant, il voit son frère qui est le serveur. Ils partent tous les deux avec un passeur transportant des marchandises mais  le camion s’arrête déposer la marchandise en plein milieu du désert et laisse les migrants tout seuls au milieu du désert. Ebo trouve des bouteilles d’eau et dit à tous les migrants de marcher vers l’Afrique qui n’était pas loin. Arrivé en Afrique Ebo et Kwame travaillent encore et encore pour payer leur passeur. Le camion du passeur était plein de migrants et de marchandises qui les cachaient. Au point de contrôle,  les contrôleurs n’ont pas vu les migrants en fouillant le camion donc ils ont pu repartir. Au cours du voyage, Ebo était malade mais il n’avait pas assez d’argent pour aller acheter des médicaments. Ils se sont cachés dans une bouche d’égouts. Les égouts se sont remplis d’eau mais leur argent était resté caché dedans donc Ebo a dû aller le chercher. Ebo effectue la traversée sur un canot,  accompagné de son frère et de sa famille. Quand la coque du canot se perce, Ebo doit aller à l’eau et le retourner. En pleine mer il croise un paquebot rempli de migrants qui les accueille. Les migrants voient un hélicoptère  et se ruent sur un seul coté du bateau ce qui le fait couler. L’hélicoptère a remonté  Ebo mais son frère est resté à l’eau et est mort noyé.  Ebo a été transporté dans un camp de refugiés ou il y retrouve sa sœur.

J’ai  compris ce livre et je l’ai aimé car je ne suis pas indifférent à cette histoire car je n’aimerais pas être à sa place car ça ne doit pas être évident de fuir son pays.

Ce texte est destiné à tous les âges mais moins aux élèves de primaire, ce livre explique la traversée d’enfer des migrants. L’auteur  provoque la tristesse pour le lecteur mais son texte est facile à lire car c’était une bande dessinée. L’auteur a écrit ce texte pour montrer que les migrants n’ont pas une vie facile et aussi pour sensibiliser les personnes qui pourraient les aider.

Théo B, 4D

 

 

                                                                                 Nuage de mots Zachalie, 4C

Ce livre a été écrit par Eoin Colfer et Andrew Donkin. Je ne connais pas d'autres œuvres de ces auteurs. Il a été écrit en 2017. Ce texte n'a pas été écrit en français à l'origine, il a été traduit par Pascal Bataillard. C’est une bande dessinée.

 

En le lisant, j’ai pensé à la maltraitance que subissent les migrants.Voici une phrase que je retiens particulièrement : «Peu leur importe qu'on tombe  du camion.»

Le texte  parle d'un personnage qui s'appelle Ebo, il veut retrouver son frère qui était parti vers l'Europe. Il le retrouve dans une ville et ils partent vers l'Europe rejoindre leur sœur qui était déjà là-bas. Par moment,  il y a des retours en arrière qui racontent comment il est arrivé jusqu'à un bateau de fortune.

Les personnages principaux sont Ebo et Kwame. Ils essayent de rejoindre l'Europe, ils font naufrage pendant la traversée et retrouvent un navire de migrants.

J'ai aimé et compris cette bande dessinée, nous ne pouvons pas hésiter sur le sens de ce texte. Ses intentions sont faciles à percevoir.

Je pense que les auteurs ont écrit ce texte pour nous montrer comment est la situation des migrants. Ils ne cherchent pas à faire rire, émouvoir ou provoquer ... Ce texte est dédicacé à Jackie et Paola.

Théophile A, 4D

extrait, planche 27

 

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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 09:28

Ce roman, publié en 2012 aux éditions de La Fosse aux ours, relate le voyage que fait le héros, Gouri en direction de Pipriat sa ville d'origine devenue ville interdite depuis l'accident nucléaire de Tchernobyl en 1986. Gouri est un poète qui travaillait autrefois à la centrale, il vit désormais à Kiev depuis l'évacuation de Pipriat mais sa fille Ksenia est malade, sans doute contaminée et il veut rapporter à Kiev la porte de sa chambre, objet chargé de souvenirs.

Au cours de son voyage, il s'arrête pour revoir son ami Iakov. Celui-ci est très mal en point. Comme les autres, il avait accepté de faire oeuvre citoyenne en allant "enterrer la terre" après la catastrophe mais il en paie très cher les conséquences. Éva son épouse prends soin de lui et aussi de ses voisins qu'elle reçoit chez elle au dîner : Svetlana qui peint des pierres et son époux le vieux Léonti qui a entrepris de reconstruire sa maison, le jeune Piotr, qui semble avoir perdu la tête et le mystérieux Kouzma. Ensemble ils partagent de nombreux verres de vodka, la soupe de poulet le chou. Kouzma met en garde Gouri : "tu me retrouveras rien de ce que tu as connu là-bas." dit-il. Il dresse même un portrait terrifiant de Pipriat : "Mais avec le temps, ce qui finit par te sauter en premier à la figure, ce serait plutôt une sorte de jus qui suinte de partout, comme quelque chose qui palpiterait encore. Quelque chose de bien vivant et c'est ça qui te colle la trouille. Ça, c'est une vraie poisse, un truc qui s'attrape partout. Et d'abord là dedans. De son pouce, il tapote plusieurs fois son crâne. Je sais de quoi je parle"

J'aime beaucoup l'écriture de ce roman, la plongée dans l'univers des personnages, la tendresse avec laquelle l'auteur en dresse le portrait mais je suis très déçue par la fin : je n'ai pas compris le revirement de Kouzma qui choisit d'accompagner Gouri  à Pipriat, l'aide à récupérer sa porte et même, bizarrement et à plusieurs reprises, "est contre Gouri" (p 109). Or alors que Gouri attend Kouzma parti guetter les pilleurs à Pipriat, Gouri pense que "ce n'est pas Kouzma qui le tracasse. Kouzma, ce n'est pas important. Qu'il meure, même, et ce ne serait qu'un petit drame de plus [...] Il envisage sa lâcheté." Heureusement Kouzma revient, ils rentrent ensemble jusque Marianovka où Kouzma "disparait entre les arbres".

Gouri aurait-il été un temps victime de la "vraie poisse" dont parlait Kouzma ? Il finit pourtant par tenir sa promesse chez Iakov, l'aidant à écrire à Éva sa lettre d'amour et d'adieu.

Extrait représentatif (p.34) : "On nous emmenés dans un camp vers ces coins-là, près du village de Tchestoganivka. On était une douzaine, peut-être un peu plus. Le chef a expliqué ce qu'on avait à faire. Il a dit, et je te jure que c'est exactement ce qu'il a dit : les gars, on va enterrer ce champ. On l'a regardé sans comprendre, et il a répété les mêmes mots. Alors, ce qu'il faut faire, a fini par demander l'un d'entre nous, c'est ni plus ni moins qu'enterrer la terre."

   

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 20:48

Je craignais que Sorj Chalandon ait épuisé la veine de l'écriture romanesque après Profession

du père, Le quatrième mur, Retour à Killybegs, Mon traître... tant de beaux romans qui semblaient tous être nés d'expériences personnelles très puissantes. Le Jour d'avant est pourtant sorti cet été 2017 et comme les précédents, il semble bien avoir un rapport avec l'expérience personnelle, celle du journaliste de Libération qui en 1974 a suivi l'événement de la catastrophe de la mine de Liévin.

Alors une réécriture de Germinal, version XX" siècle ? Certes oui, et les références directes au roman de Zola sont d'ailleurs fréquentes. On croirait presque revoir Étienne descendre dans la mine ou les enfants Maheu au coron...

Cependant, le titre nous en avertit, ce qui intéresse ici le narrateur (intradiégétique) c'est le "jour d'avant" et ce narrateur, Michel,(qui rappelle de plus en plus Meursault) nous entraîne dans une perplexité de plus en plus grande lorsqu'il devient criminel ou presque, puis inculpé muet et condamné résigné alors que sa victime gagne en capital de sympathie à mesure qu'avance le récit. Dans ce roman les êtres sont complexes, une face en cache une autre et on explore ainsi l'extrême richesse de l'âme humaine.

L'écriture de Chalandon est toujours aussi efficace et incisive, je ne m'en lasse pas :

"Explosion. Une poche de grisou au creux de mon ventre. Une vague brûlante. Son souffle a enflammé ma poussière de charbon. Dos, bras, jambes. L'air m'a manqué. J'ai ouvert la bouche. Mes épaules se sont affaissées. Mon visage s'est violemment embrasé. Feu aux tempes, sang aux joues. Une larme de sueur a perlé derrière mon oreille. Ne pas abîmer mon regard. Ne pas cesser de sourire. Dans sa main, ma main tremblait. Ses yeux fouillaient les miens. Il prenait ce séisme pour un désarroi. J'ai rassemblé mes forces."

Passage énigmatique n'est-ce pas ? Mais tout le roman est comme ça ! Il faut se laisser intriguer.  

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 21:41

« Une histoire complète de la littérature mondiale en 19 recettes » tel est le sous-titre de La Soupe de Kafka de Mark Crick. Titres pleins de malice tout comme la photo de la jaquette aux éditions BakerStreet. Et pourtant sous les provocations de cette jaquette, on découvre un très beau livre, une couverture de toile blanche sans titre avec la photo imprimée ton sur ton en relief, des gardes de couleurs aux motifs de tapisseries bleu vert, des textes illustrés en pleines pages couleurs… Le livre donc est déjà un très bel objet qui se cache sous la provocation de la jaquette.

La malice on la retrouve bien dans le sommaire et la composition du recueil ; « Agneau à la sauce à l’aneth » à la Raymond Chandler (Je vous le recommande !), « Œufs à l’estragon »  à la Jane Austen (Particulièrement réussis), « Soupe Miso Express » à la Franz Kakfa, « Gâteau au chocolat » à la Irvine Welsh, « Coq au vin » à la Gabriel Garcia Marquez, « Risotto aux champignons » à la John Steinbeck et 13 autres recettes. Vous pouvez déjà mesurer l’éclectisme des écrivains et des recettes.

Or chacune de ces recettes est une vraie recette qui vous met l’eau à la bouche ou la cuillère en bois en main et aussi chacune est un superbe pastiche de l’écriture d’un auteur. J’ai trouvé particulièrement réussis les pastiches de Jane Austen (dont j’avais récemment lu trois romans), de Charles Dickens, de Marcel Proust, d’Homère et du Marquis de Sade mais comme je ne connais pas tous les auteurs, je ne peux pas vraiment donner un avis sur tous. Celui de Flaubert est très drôle : Emma, la pauvre, regarde la télé et s’éprend de … Donald Trump !

Les illustrations elles aussi sont des pastiches tantôt à la manière d’Andy Warhol, tantôt à la manière de Frida Kahlo ou de Man Ray ou d’une poterie grecque ou de Henri Matisse… et j’en passe beaucoup !

C’est que l’auteur en plus d’être un grand lecteur est aussi photographe, peintre et dessinateur de talent.

Un bémol ? Il écrit en anglais ! Pour cela, chaque recette a dû être traduite mais pas par n’importe qui : 19 traducteurs se sont répartis les 19 pastiches parmi lesquels Patrick Raynal pour Raymond Chandler, Geneviève Brisac pour Jane Austen,  Éliette Abécassis pour Kafka ou Frédéric Jacques Temple pour Sade… Des traducteurs choisis manifestement.

En somme voilà un très beau cadeau à offrir ou à s’offrir et pour ce qui me concerne, un livre précieux que je garderai dans ma bibliothèque et ressortirai sûrement à diverses occasions. Merci Babelio !

Extrait choisi :

"L'estragon français est une herbe aristocratique, et même si je la trouve fondamentalement trop bien pour vos oeufs, je ne peux nier que cela ferait un beau mariage,"dit Lady Camberland.
Mrs B accueillit sans broncher ce commentaire et l'offense faite à ses oeufs ne lui parut pas devoir être relevée. Une recommandation venue de si haut ne pouvait être négligée et le mépris de Mrs B pour l'auguste estragon fut instantanément oublié. La possibilité que ses oeufs pussent se retrouver dans le même plat que la noble herbe plongea alors notre héroïne dans une telle excitation que Lady Camberland se fût levée pour partir, n'eût été la perspective du déjeuner...

 

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 16:00

Je viens de lire ce roman publié en 2008 à propos de la trahison de Tyrone Meehan.

C'est dans Retour à Killybegs, publié en 2011 que l'on comprend comment ce héros de  l'IRA a pu devenir un traître. J'ai donc lu l'explication avant le récit de la trahison. C'est un itinéraire que je conseille car ainsi le personnage prend chair de manière plus puissante.

Le titre de ce roman peut surprendre : "Mon traître". La lecture de l'oeuvre l'éclaire : de même que dans l'incipit du Quatrième mur, publié en 2013, le narrateur désigne son ami Marwan par "mon druze", le narrateur désigne ainsi son ami "traître". Entre déterminant et nom, il y a comme un oxymore, un hiatus que le héros narrateur, Antoine, un luthier parisien, peine à transformer.

Ce roman, comme la plupart de ceux de cet auteur, est largement inspiré de la réalité : quand Sorj Chalandon, grand reporter à Libération, rencontre Denis Donaldson, leader charismatique de l’IRA et de sa branche politique, le Sinn Fein, ils deviennent amis. Le roman est surtout un hymne à l'amitié, thème qui se retrouve aussi dans Une Promesse, publié en 2006, à l'époque du jugement de l'ami traître, renommé Tyrone Meehan. Mise à mal par la trahison, l'amitié qui unit le luthier parisien et le membre de l'IRA est ici présentée de sa naissance à la disparition  de Tyrone, assassiné à Killybegs.La rencontre d'une vieille irlandaise permet cependant de conclure sur une note apaisée :

"Elle a dit qu'il y avait des Tyrone partout, dans les guerres comme dans les paix, et que cela ne changeait rien. Ni à la paix, ni à la guerre. Ni même à Tyrone.Elle a dit que nous l'avions aimé sans retenue parce que c'était lui.Et que nous lui avions donné notre confiance parce que c'était lui. J'ai hoché la tête. J'ai souri. J'ai revu nos gestes. Cette façon que nous avions de relever nos cols de vestes à la pluie. Ms pas dans les siens. Son regard sous la visière. Nos verres levés. Sa main. J'ai regardé la salle. J'ai laissé faire une larme." (p 216)

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 14:11

Paru en 2011, ce roman relate globalement la même histoire que Mon traître que l'auteur a publié en 2008 mais cette fois l'histoire est présentée du point de vue de Tyrone Meehan qui dit dans le prologue daté du 24 décembre 2006 : "Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence." L’expérience relatée est en effet douloureuse puisque membre actif de l'IRA, l'Armée Révolutionnaire Irlandaise, il a traversé les moments les plus difficiles de son histoire, combats armés contre des chars britanniques, emprisonnements sans jugement dans des conditions particulièrement sordides, torture, grève de l'hygiène, grèves de la faim, ...et pourtant Tyrone a fini par trahir. De malheureuses circonstances ont fait de lui une proie facile pour les services secrets britanniques et il s'est ainsi transformé de héros en traître durant plus de 20 ans. Lorsque la paix a été conclue, les britanniques ont jugé bon de discréditer les combattants de l'IRA en dénonçant la traîtrise de Tyrone et de deux autres personnes dont ils cachent le nom afin de créer les soupçons et d'interdire ainsi à l'organisation d'ériger quelques-uns des siens en héros ou en martyrs.

Le récit retrace à travers Tyrone l'histoire de l'IRA et de son organisation politique mais c'est aussi un hymne à l'engagement, à la solidarité, à l'humanité célébrés par une langue pleine de poésie où l'on croise de belles images bien saisissantes : "Gueule cassée, regard glace, Meehan vent mauvais" c'est le portrait de Patraig, le père de Tyrone (p 13), "le silence était en ruine", tel est l'effet ressenti par Tyrone encore enfant après les bombardements de Belfast par les Jerrys c'est à dire l'armée allemande (p 41)..

En somme, un roman nécessaire pour comprendre l'histoire de l'Irlande du Nord et une œuvre puissante comme le sont aussi Le Quatrième Mur et Profession du Père. Le métier de journaliste et les éléments de sa biographie se conjuguent dans l’œuvre de Chalandon à une plume à la fois délicate et acérée.J'espère qu'il écrira encore d'autres œuvres de ce type. Son seul roman de pure fiction m'avait semblé moins convaincant même si on y retrouve des thèmes récurrents chez Chalandon, comme celui de l'amitié ou celui de l'engagement.

Extrait choisi (et c'est un choix difficile !) : "Alors nous avons parlé de la misère. De la Grande Famine. Des enfants sans chaussures dans la boue. De la lèpre du pain, qui suinte au coin des bouches mal nourries. De mon père mort de givre. Nous avions une colère commune. Et la haine, aussi. Comme nous, Tom Williams avait fui son quartier. Une bombe loyaliste jetée sur un groupe d'enfants qui jouaient dans un parc. Il y avait eu des morts. Et c'est Terry Williams, son oncle, qui avait été emprisonné pour avoir défendu sa rue. Mais pas les tueurs protestants. C'était injuste. Tout était injuste...." p. 88

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 11:54

Albert camus est un écrivain né en 1913 mort en 1960 à l'âge de 47 ans. Albert Camus nait à Mondovi en Algérie, il est le second enfant de sa famille . Son père Lucien Camus fut mobilisé et mourut pendant la première guerre mondiale. Sa mère décida alors de partir vivre à Alger où grâce à l'aide de son instituteur, Albert obtint une bourse afin de poursuivre ses études. En 1932 il obtient son bac, il épousa Simone Hié en 1934. En 1942 il publia l'Etranger qui fut son premier roman ainsi que, Le Mythe de Sisyphe puis en 1945 il écrivit Caligula puis deux ans plus tard La Peste qui connaîtra un grand succès. Il fut élu en 1957 prix Nobel de l'année, il devint alors un modèle pour toutes les générations. Ici nous parlerons de l'Étranger publié en 1942, ce roman écrit au courant du XXe siècle, en pleine seconde guerre mondiale mêle registre absurde et tragique.

Dans ce livre on trouve plusieurs personnages principaux, Meursault le personnage principal narrateur du roman, est un Français qui travaille et vit à Alger ; on sait qu'il a abandonné ses études, perdu ses deux parents, c'est un personnage très intrigant car radicalement réfractaire à tous types de sentiments. Mais en revanche il semble très sensible aux cinq sens, il parle très souvent de la vue avec la lumière, de l'odorat… Ce personnage se présente comme un anti- héros.

Marie Cardona est décrite comme étant une jeune femme séduisante, c'est aussi une ancienne collègue de travail Meursault elle a une personnalité totalement opposée à celle de Meursault, très expressive et ouverte.

Raymond Sintès, le voisin de palier de Meursault prétend être marchand , il deviendra l'ami de Meursault et la source de ses ennuis.

Les arabes sont des personnages importants car ils montrent le rapport Français/Algériens à cette époque Ce n'est pas le sujet principal mais c'est un sujet très sensible, on le remarque notamment grâce à l'appellation péjorative de Meursault et de son ami vis à vis des Algériens "les arabes"

L’histoire peut se résumer ainsi : Meursault est appelé par un télégramme à l'asile où sa mère vient de mourir à 80 km de Marengo, là-bas il accomplit la veillée funèbre. Il ne manifestera aucun sentiment et ira même jusqu'à fumer devant sa mère "j'ai offert une cigarette au concierge et nous avons fumé". Le lendemain à la plage il croise une ancienne amie et collègue de bureau Marie Cardona . Il se baigne avec elle et ils décident d'aller au cinéma voir un film comique avec Fernandel. Il ne prend pas la peine d'annoncer à Marie qu'il vient tout juste de perdre sa mère "elle m'a demandé si j'étais en deuil ". Le surlendemain son patron lui demande si il n'est pas trop fatigué et veut savoir l'âge de sa mère or, ne le connaissant pas Meursault répond "une soixantaine d'années " Le même jour en rentrant chez lui il se fait inviter par son voisin de palier Raymond qui lui parle de ses histoires avec sa maîtresse et avec les arabes , et il demande à Meursault de l'aider à écrire une lettre à sa maîtresse pour la punir. Meursault accepte et lui et Raymond deviennent alors amis. Les jours passent et Raymond invite Marie et Meursault à aller dans un cabanon chez un de ses amis près d'Alger à l'extrémité d'une plage. Une fois là - bas après avoir mangé, les trois hommes provoquent une bagarre avec deux arabes qui poursuivaient Raymond pour une histoire de femme. Après cette bagarre Meursault et ses deux amis rentrent au cabanon . Plus tard dans la journée Meursault retourne seul se promener sur la plage et dans un enchaînement de circonstances et d'impulsion et sans raison apparente, il tue un homme qu'il ne connaît même pas " j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte ". Après son arrestation Meursault n'a pas conscience d'être un criminel. Il se demande même pourquoi prendre un avocat "je l'ai questionné pour savoir si il était absolument nécessaire d'en avoir un " et il trouvait pour ainsi dire son affaire très simple. Il paraissait donc au procureur juge et même à son avocat comme un étranger à leurs univers car il ignore tout des valeurs conventionnelles. Par la suite un juge d'instruction et Meursault ont un entretien et le juge lui demande encore de narrer sa version des faits. Et le juge sans raison apparente lui demande s’il est croyant et Meursault ne l'étant pas lui répond que non. Le juge, stupéfait, affirme que c’est "impossible et que tous les hommes croyaient en dieu». Le juge est tellement choqué de sa non croyance en Dieu qu’à chaque fois qu'il le voit il l'appelle "l'antéchrist». Le temps passe en prison. Marie n’a eu le droit de venir voir Meursault qu'une seule fois car ils n'étaient pas mariés et Marie lui a promis qu'à sa sortie ils se marieront et Meursault n'en éprouvant ni l'envie ni le besoin imminent lui dit "tu crois ".En prison il se rend compte que ce qui lui manque le plus ce sont les femmes. Lors de son passage au tribunal on ne l'accuse plus seulement de son crime mais aussi de l'insensibilité face à la mort de sa mère puis d'être allé avec Marie à la plage puis au cinéma.

Ce livre m'a plu car on retrouve dans le personnage de Meursault une certaine indifférence face à la vie, on le remarque notamment dans certaines de ses paroles comme par exemple quand Raymond lui demande si il veut être son ami, il lui répond que "ça lui est égal" ce qui marque un sentiment d'indifférence ainsi qu'une certaine ironie. Quand Marie lui demande aussi si il désire se marier avec elle il lui répond que "ça lui était égal" encore une fois on observe son indifférence et de l’ironie. On remarque aussi qu'il ne sait pas ou qu'il ne semble pas savoir ce qu'il désire : par exemple lorsque Meursault dit ne pas être croyant cela semble invraisemblable pour le juge d'instruction car selon lui tout homme croit en Dieu même ceux qui se détournaient de son usage . Cela ne facilite pas son intégration dans la société à partir du moment où il vit dans une société majoritairement constituée de croyant. Il se fait rejeter à cause de l'intolérance et des idées reçues. Mais il n'y a pas que ça, Meursault a aussi refusé de recevoir l'aumônier en prison mais il a dû s'y soumettre, ceci montre encore que pour s'intégrer dans une société il faut être identique à ceux qui nous entourent. On remarque aussi qu'on lui reproche le manque de sentiments face à la perte de sa mère. On constate donc qu'on ne le juge plus pour avoir condamné un homme à la mort mais on le juge car il n'entre pas dans le moule des personnes toutes semblables les unes aux autres. On le juge donc par rapport à son inintégration dans la société . Et c'est pour cela que j'ai apprécié ce livre car il nous montre et nous fait réfléchir sur le fait que tous les hommes ne sont pas identiques et que l'on nous pousse par tous les moyens à nous intégrer dans un corps social spécifique sous peine de rejet par la peur de l'autre face à une vision inconnue.

Je recommande ce livre car derrière le personnage ironique et indifférent de Meursault, on traite ici d'un sujet important, l'auteur cherche à faire réfléchir sur le sens de notre vie. Car en un sens Meursault se demande quel sens il faut donner à la vie puisqu'un jour nous allons mourir, il confronte donc l'homme à l’absence de sens de sa vie. De plus, son histoire illustre le fait que la société dans laquelle nous vivons nous impose trop de barrières et d'obligations de style de vie.

Audrey, 1 STL, mars 2016

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