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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 14:04

Auteur chilien né en 1949 et décédé cette année, Luis Sépulveda a publié en 1989 ce roman qui a pour cadre l'Amazonie. Alors qu'il était exilé à Hambourg depuis 1977, il participe à une expédition organisée par l'UNESCO en Amazonie. Il séjourne six mois chez les Indiens Shuars. Lors de la publication de ce roman en France en 1992, j'ai l'ai étudié avec des élèves de 2nde et nous avions rencontré l'auteur au festival Etonnant voyageur !

Antonio José Bolivar est un indien qui a émigré de son village de la montagne équatoriale avec sa femme Dolores Encarnnacion, attiré par les promesses faites par le gouvernement : recevoir des terres et de l'aide technique pour coloniser la forêt.

Comme les autres colons qui ne savent ni classer, ni pêcher, il est incapable de s'adapter à ce milieu hostile. Au bout de deux ans, sa femme meurt et à partir de ce moment-là, il vit seul dans la forêt et peuple sa solitude en lisant des romans d'amour.

Pour s'intégrer à cette région, Antonio José Bolivar a compris qu'il devait la connaître et que d'abord, il devait comprendre ses habitants. C'est pourquoi il a appris à chasser et à pêcher avec les Shars.  Il s'est habillé comme eux et a évité le contact avec les autres colons. Alors qu'il avait détesté la forêt dont il voulait se venger en y mettant le feu car elle était responsable de la mort de sa femme, victime de la Malaria, il a appris peu à peu à connaître la forêt jusqu'à se rendre compte qu'elle le rendait heureux. Il faisait exactement ce qu'il voulait, n'était contraint à aucun horaire, aucune obligation matérielle. Il ne se sentait pas obligé de vivre en communauté, il décidait seul s'il voulait voir les indigènes ou rester seul.

Mais la nature chez Sépulveda n'est pas le paradis. Elle isole : les sentiers sont vite rendus impraticables par la végétation, le dentiste Rubicondo Loachamin ne vient que deux fois par an et apporte au vieu de nouveaux livres . Elle est inhospitalière et malsaine : les pluies diluviennes transforment le sol en marécage, la culture est impossible, les moustiques, la  chaleur et l'humidité provoquent la Malaria. Elle est dangereuse : l'ocelote tue quatre personnes  en cinq jours, les ouistitis tuent un homme, un serpent X a failli tuer Antonio José Bolivar.

Comme le monde des hommes incarné par le maire, est encore plus hostile, le vieux se réfugie dans les romans d'amour, seul rempart contre la "barbarie humaine"

 

 

Voici l'épilogue : "Malgré sa maigreur c’était une bête superbe, une beauté, un chef-d’œuvre de grâce impossible à reproduire, même en imagination.

Le vieux la caressa, oubliant la douleur de son pied blessé, et il pleura de honte, se sentant indigne, avili, et en aucun cas vainqueur dans cette bataille.

Les yeux brouillés de larmes et de pluie, il poussa le corps de l’animal jusqu’au bord de la rivière et les eaux l’emportèrent dans les profondeurs de la forêt, vers les territoires jamais profanés par l’homme blanc, vers le confluent de l’Amazone, vers les rapides où des poignards de pierre se chargeraient de le lacérer, à tout jamais hors d’atteinte des misérables nuisibles.

Puis il jeta rageusement le fusil et le regarda s’enfoncer sans gloire. Bête de métal honnie de toutes les créatures.

Antonio José Bolivar ôta son dentier, le rangea dans son mouchoir et sans cesser de maudire le gringo, responsable de la tragédie, le maire, les chercheurs d’or, tous ceux qui souillaient la virginité de son Amazonie, il coupa une grosse branche d’un coup de machette, s’y appuya, et prit la direction d’El Idilio, de sa cabane et de ses romans qui parlaient d’amour avec des mots si beaux que, parfois, ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes."

 

 

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 09:17

Je me suis laissé séduire par le titre, plein de promesse et par le sujet, l'amitié entre deux hommes qui ont marqué le XXe siècle, Marx et Engels. Comment interpréter le titre ? Est-ce à dire que dans la relation de ces deux hommes bat le cœur du monde et que son avenir en dépend ? Ce serait faire peu de cas de quelques autres grands noms qui ont pu incarner le cœur battant du monde. Mais surtout ce qui frappe dans ce roman, c'est qu'il retient de ces deux hommes la petite histoire, la vie privée, les motifs de scandale : Marx a eu un fils de la bonne de sa femme, une comtesse, Engels pourvoyait à tous ou presque les besoins matériels de Marx et de sa famille, Engels était en ménage avec une ouvrière d'origine irlandaise après l'avoir été avec sa sœur à moins qu'ils n'aient fait ménage à trois comme le dit le roman ... A vrai dire, malgré l'impressionnante somme documentaire consultée par l'auteur pour écrire ce roman, je trouve qu'il déçoit en focalisant sur les scandales de la vie privée quand il y a tant à dire.

Toutefois l'arrière-plan historique m'a bien plu : on découvre l'Angleterre industrieuse, complètement dépendante de la culture du coton en Amérique à tel point que la guerre de Sécession en Amérique provoque une terrible crise économique, les filatures et les teintureries fermant à tour de rôle. On découvre ensuite la reprise économique tout aussi soudaine lorsque les Nordistes américains ont vaincu les Sudistes. L'exode des irlandais victime du mildiou qui les a menés à la famine, puis à la misère dans les banlieues de Londres, leur engagement dans la guerre de Sécession, leur retour ensuite pour réclamer l'indépendance de l'Irlande sont des sujets forts intéressants et plutôt bien traités dans ce roman. Les personnages de pure fiction que sont Malte, Charlotte et dans une certaine mesure Freddy et les personnages historiques de 2nd plan comme Lydia ou Tussy tiennent en haleine le lecteur. En somme, le caractère le plus romanesque.

"La victime n’est qu’une pauvre fille. Ses bras sont secs et minces. Ses jambes ont si peu de gras qu’il sent les os à la moindre pression des doigts. Elle mange moins qu’à sa faim et fait plus que son corps.

Extrait du début du roman :  "Malte lui murmure qu’il va l’aider, qu’elle ne doit pas s’inquiéter. Il sait qu’en plaçant bien sa voix, au point subtil logé au fond de chaque patient, entre la confidence et l’ordre, il peut faire des miracles. La médecine commence là. Par le ton et le timbre. Les mots tuent, c’est connu. Ils peuvent aussi guérir quand ils sont bien dits.

La victime ouvre les yeux. Elle est déboussolée et cherche mollement du secours, dans le regard, dans la main de Malte. Elle ouvre à peine la bouche. Le choc a dû être frontal. Elle avait la tête dans l’estrade quand on l’a sortie de là.

« Il lui faut un peu d’air », rappelle le docteur.

Le policier sait faire. Il écarte les curieux. Des femmes râlent qu’on les prive des suites de cette affaire.

Malte se tourne vers le jeune policier.

Sa voix devient plus grave.

« Aidez-moi ! »

Le policier plante son récit et s’accroupit près de lui.

« J’dois faire quoi ?

– Tenez bien ses jambes, dit Malte. Bien droites, bien alignées. »

Malte cale la tête de la victime entre ses genoux. Une femme se retourne, indignée par la position du docteur dont l’entrejambe est collé au crâne de cette pauvre fille.

Malte place ses doigts autour de son nez dont le sang ne coule plus. Il le pince. La fille happe l’air comme un poisson sur la table de la cuisine. Elle jette des yeux fous autour d’elle, sans pouvoir bouger la tête. Malte serre ses doigts. Il sent le point de fracture. De sa main libre, il fouille son gilet et sort un portemine en métal, long, étroit. Il fait coulisser la bague qui retenait sa mine, laisse tomber le bâton de graphite et lui enfonce le tube métallique dans la narine.

Avec la chevalière qu’il porte à l’index et le tube creux qu’il enfonce de l’autre main, Malte fait masse autour du nez cassé. Il serre comme un étau. Redresse. Encore. Encore un peu jusqu’à ce qu’un craquement retentisse. La victime a perdu connaissance. Malte se relève en secouant ses poignets couverts de griffures. C’est le métier. Il y est habitué. Les patients font ce qu’ils peuvent pour dévier la douleur.

La pauvre. Ce qu’elle vient de subir n’est rien comparé à ce qui l’attend."

 

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 17:45

Qu'est-ce qui rapproche un pirate de la Mer du Nord mort il y a 600 ans ; un militant qui attend le 31 mars

l'éclosion des roses d'Atacama ; un instituteur exilé qui rêve de son pays et se réveille avec de la craie sur les doigts ; un italien arrivé au chili par erreur, heureux à cause d'une énorme erreur et qui revendique le droit de se tromper ; un bengali qui aime les bateaux et les amène aux chantier où ils seront détruits en leur racontant les beautés des mers qu'ils ont sillonnées ?
Peut-être cette frontière fragile qui sépare les héros de l'Histoire des inconnus dont le nom restera dans l'ombre. Leurs pas se croisent dans les pages de ce livre. Voici, riche d'une humanité palpable, dans un style direct et incisif, toutes ces vies recueillies par un voyageur exceptionnel, capable de transformer la tendresse des hommes en littérature. ( Présentation de l'Edition 2001)

Ce livre est un effet un voyage dans le monde de Luis Sepulveda, dans la multiplicité des contrées qu'il a sillonnées non  pas vraiment à la découverte des terres, des paysages ou monuments mais toujours à la découverte des hommes. Souvent ceux qu'ils croisent sont des êtres exceptionnels qui pourtant vivent sans se distinguer des autres, ils ont combattu les régimes autoritaires, résisté, supporté la torture et relevé la tête. Ce livre est un monument à la gloire de ces hommes perdus dans la multitude, c'est une aussi une alerte, la folie des totalitarisme n'est jamais loin, l'Europe en particulier se laisse gagner par le néo nazisme. 

Voici un extrait qui illustre le propos mais aussi la magnifique écriture de l'auteur :

"Tout près du cimetière nous étendîmes nos sacs de couchage et nous nous mîmes à fumer et à écouter le silence, le murmure tellurique de millions de pierres qui, réchauffées par le soleil, éclatent imperceptiblement sous la violence du changement de température. Je me rappelle que je m’endormis fatigué d’observer les milliers d’étoiles qui illuminaient la nuit du désert, et qu’à l’aube du 31 mars mon ami me secoua pour me réveiller.

Les sacs de couchage étaient trempés. Je demandai s’il avait plu, Fredy répondit que oui, il était tombé une pluie douce et fine comme presque tous les 31 mars à Atacama. En me redressant je vis que le désert était rouge, d’un rouge vif, couvert de minuscules fleurs couleur de sang.

— Les voilà. Les roses du désert, les roses d’Atacama. Les plants sont toujours là, sous la terre salée. Les gens d’Atacama les ont vues, et les Incas, les conquistadors espagnols, les soldats de la guerre du Pacifique, les ouvriers du nitrate. Elles sont toujours là et fleurissent une fois par an. À midi, le soleil les aura calcinées, dit Fredy en prenant des notes dans son carnet.

Ce fut la dernière fois que je vis mon ami Fredy Taberna. Le 16 septembre 1973, trois jours après le coup d’état militaire fasciste, un peloton de soldats le conduisit en rase campagne aux environs d’Iquique. Il pouvait à peine bouger, ils lui avaient cassé plusieurs côtes et un bras, il ne pouvait presque plus ouvrir les yeux car son visage n’était plus qu’un hématome.

— Pour la dernière fois, vous vous déclarez coupable ? demanda un lieutenant du général Arellano Stark, lequel assistait à la scène.

— Je me déclare coupable d’être un dirigeant étudiant, d’être un militant socialiste et d’avoir lutté pour défendre le gouvernement constitutionnel, répondit Fredy.

Les militaires l’assassinèrent et enterrèrent son corps dans un endroit secret du désert. Des années plus tard, dans un café de Quito, un autre survivant de l’horreur, Ciro Valle, me raconta que Fredy reçut les balles en chantant à pleins poumons La Marseillaise socialiste.

Vingt-cinq ans ont passé. Neruda a peut-être raison quand il dit : « Nous, ceux d’alors, nous ne sommes plus les mêmes », mais au nom de mon camarade Fredy Taberna je continue de noter les merveilles du monde dans un carnet à couverture cartonnée."

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 23:05

"Signe particulier : Transparente" est un roman jeunesse écrit par une autrice française Nathalie Stragier, elle a sorti ce livre en septembre 2018

 

 

L’histoire est celle d’Esther, une adolescente un peu trop effacée. Du genre à dire oui à tout le monde pour ne pas contredire les gens. A la maison, sa mère l’oublie régulièrement, entre son travail, Alexandra, l’aînée qui révise comme une malade pour son bac et Maxime, le dernier qui fait du sport et qu’il faut emmener aux entraînements. Esther est laissée pour compte. Au lycée ? Elle traîne avec Romane, sa meilleure amie mais aussi son opposée. Alors forcément, qu’elle soit à la maison ou au lycée, on l’oublie… Au point qu’un jour, elle disparaît vraiment, d’abord quelques secondes, puis des minutes et enfin des heures…

Sauf qu’en devenant invisible, elle fera la connaissance d’autres gens comme elle qui passent de temps en temps dans cet autre monde. Mais tous ne sont pas sympathiques… Il va lui falloir absolument trouver comment arrêter de disparaître…
Malgré un personnage effacé, on découvre une facette bien différente quand elle passe dans l’autre monde. Pour conclure, une plume agréable, une héroïne dans laquelle certains se reconnaîtront. Et puis franchement, qui n’a jamais voulu être invisible pour espionner des conversations ?

 

Ce livre me fait penser à la chanson de Zara Larsson qu’elle a chantée pour le film « Klaus » sur Netflix car dans sa chanson elle nous fait comprendre que les plus belles choses que nous connaîtrons seront invisibles : « The greatest thinks you’ll ever know ARE INVISIBLE »

 

C'est un très beau sujet et un très beau roman. On se sent souvent transparent à l'adolescence, mais pas que ! Imaginez que l'on puisse disparaître progressivement parce qu'on ne s'affirme pas et qu'au contraire on peut trouver sa place en s'affirmant, c'est très beau et c'est un beau pansement ! J'ai particulièrement aimé la manière dont le récit est structuré et mené, révélant des surprises en permanence et jouant sur le point de vue du narrateur. Un moment de lecture qui m'a beaucoup touchée.

 

Je lui mets 4 étoiles

Voici mon quiz https://www.babelio.com/quiz/44608/Transparente

Loane, 4C

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20 avril 2019 6 20 /04 /avril /2019 20:32

Le titre de ce roman policier est déjà plein d’intrigue : Certes la mort est attendue dans un roman policier, mais le Khazar ancien empire d’Asie centrale et son qualificatif rouge emplissent le titre de mystère ! Si c’était le titre d’un essai historique pourquoi pas mais l’enquête d’un détective de roman policier peut-elle vraiment concerner la disparition d’un empire nomade turc au VIIIe siècle ?

 

C’est que ce roman policier est l’œuvre d’un historien israélien qui à travers ce récit traite de ses sujets de prédilection parmi lesquels le prosélytisme juif qui fait que les juifs ont des origines plurielles ce qui contredit le récit national.

Loin de ce VIIIe siècle médiéval, l’intrigue se déroule dans un cadre spatio-temporel troublé, celui de la première Intifada et de la fondation du Hamas, des accords d’Oslo, de l’assassinat d’Yitzhak Rabin, de l’arrivée au pouvoir de Benjamin Netanyahou, de la deuxième Intifada et de l’enlisement des espoirs de paix israélo-palestinienne. C’est aussi le temps de la décriminalisation de l’homosexualité en 1988.

Dès lors l’intrigue de ce roman tourne autour du meurtre en 1987 d’un universitaire israélien Yitzhak Litvak, qui justement s’était intéressé à cette théorie du prosélytisme. Peu après le jumeau de Litvak est assassiné à son tour or ce dernier ne menait aucune recherche historique : il était en hôpital psychiatrique ! Et puis Avivit, une jeune femme étudiante à l’université et impliquée dans des groupuscules de gauche est également assassinée sauvagement sur une plage de Tel-Aviv.  C’est le commissaire Émile Morkus, un arabe chrétien époux d’une ukrainienne, qui est chargé de l’enquête. Or aucune de ces enquêtes n’aboutit avant le départ en retraite du commissaire.

C’est là l’originalité du roman : grâce au point de vue omniscient, le lecteur connaît bien avant le commissaire le nom du coupable. Avant son départ en retraite le commissaire fera chou blanc sur toutes ses enquêtes. Or en 2007 un nouvel assassinat a lieu, celui d'Yéhouda Guershoni. Il s’agit encore d’un universitaire qui lui aussi travaillait sur le prosélytisme juif et sur le récit national. L’enquête est reprise par le successeur de Morkus. Elle piétine. Morkus s’associe en secret à l’enquête. Cependant Gina, une jeune universitaire de Tel-Aviv également a récupéré les documents de travail de la victime et entreprend de poursuivre ses travaux ce qui lui vaut quelques agressions dont on ignore encore l’origine. Plus précisément, la police en ignore encore l’origine mais le lecteur sait bien que cet agent ultra-sioniste du Shabak (sécurité intérieure) que le narrateur suit depuis le début est forcément mêlé à ces affaires. Étrange ironie dramatique dans un roman policier. La fin du roman nous réserve pourtant des surprises !

Extrait choisi (p 182) :

S’asseoir sur la terrasse face à la mer avait le don de lui remonter le moral. C’est ainsi que, des heures durant, il pouvait contempler la danse incessante des vagues. La vue des barques de pêcheurs voguant vers le petit port de Jaffa avait pour lui une vertu apaisante. Il s’imaginait un monde composé de pêcheurs et de chasseurs. Les premiers, habitués à affronter la mer, étaient enclins à la modestie, tandis que l’accoutumance des seconds au sang et à la tuerie les avait rendus dominateurs et agressifs. Il se demandait parfois si sa vie le rapprochait davantage des pêcheurs ou des chasseurs.

Il n’aimait pas le quartier léché des artistes qui, sur la droite, lui bouchait la vue. En revanche, le rocher d’Andromède, posé juste en face du port, attirait sans cesse son regard. Dans la mythologie grecque, une belle princesse, offerte en victime au monstre de la mer, avait été ligotée au rocher de Jaffa. Persée, fils de Zeus, était venu la délivrer et l’avait épousée. La falaise surplombant la mer avait été le témoin des conquêtes successives de la cité. Elle avait vu passer les Égyptiens antiques, les Philistins, les Perses, les Phéniciens, les Séleucides, les Asmonéens, les Romains, les Byzantins, les musulmans, les croisés, les mamelouks, les Ottomans, les Français, les Anglais et, finalement, les sionistes. La majorité de la population était cependant demeurée la même depuis la nuit des temps. Jaffa, la belle et l’antique, avait toujours survécu aux vainqueurs successifs, jusqu’à ce qu’advienne l’année 1948.

Tout comme le rocher d’Andromède, Morkus se sentait l’un des derniers survivants de ce lointain passé, qui l’obligeait. Le policier n’avait toutefois jamais imaginé qu’un Persée viendrait le délivrer. Les mythes combattants lui étaient étrangers, mais la seconde Intifada, des années 2000 à 2006, avec ses dures vagues de violence, l’avait rendu plus arabe, et un tout petit peu moins israélien. Il avait éprouvé de la douleur au vu des victimes des deux bords, mais les quatre mille morts palestiniens avaient élargi les fissures dans son sentiment d’identité.

.

 

 

 

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 13:54

Olga de Bernhard Schlink est un roman qui raconte la vie d’une femme, justement Olga.

Elle est la fille d’un couple modeste décédé alors qu’elle était très jeune de la maladie du typhus et recueillie par sa grand-mère qui ne l’aimait pas, elle a tout fait pour se libérer et s’extraire de la pauvreté. Studieuse et toujours désireuse d’apprendre, elle n’était pas intégrée dans son école près de Kœnigsberg sauf par deux châtelains qui eux aussi, en raison de leur appartenance à la bourgeoisie, peinaient à s’intégrer. Ainsi, ils furent amis tous les trois au moins jusqu’au jour où Viktoria la jeune châtelaine décrétât qu’Olga n’était pas digne d’eux car mal habillée elle ne savait pas bien se tenir, elle faisait peuple. Olga continua cependant à voir en cachette le frère de Viktoria et peu à peu ils devinrent un couple d’amoureux. Viktoria réussit le concours d’institutrice et Herbert partit combattre en Afrique dans les colonies. Ce fut leur première séparation. Olga fut ensuite mutée à Tilsit. A son retour, Herbert rêvait de grands espaces et ne tarda pas à repartir. Olga vivait cela avec philosophie : les épouses de marins vivent des séparations similaires. Elle s’occupait de ses jeunes élèves et tout particulièrement de l’un d’eux, Eik.

Le roman retrace ainsi l’existence d’Olga de sa naissance à sa mort. Entre temps, l’Allemagne a connu la première puis la seconde guerre mondiale, deux manifestations de l’hybris allemande héritée selon Olga de Bismarck.

Extrait :

"8 août 1914

Mon chéri,

L’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie, puis à la France, et puis c’est l’Angleterre qui a déclaré la guerre à l’Allemagne.

Les hommes du 41e sont mobilisés, et j’ai été avec les enfants à Tilsit. Il y avait de la musique et des fleurs, des hommes agitaient leurs chapeaux, de jeunes femmes laissaient des soldats les prendre par les épaules et les accompagnaient jusqu’au train, et sur les wagons on lisait « Excursion à Paris » et « Les Français sont faits ».

Ici au village, il n’y a pas d’enthousiasme. Chaque incorporation est un coup porté à la ferme et à la famille. Les rares engagés volontaires sont des jeunes que leurs pères traitent encore plus mal que des valets. L’un d’eux est venu me faire ses adieux ; il a peur de la guerre, mais il a encore plus peur de son père.

La guerre, c’est bon pour les citadins, pas pour les paysans. Et bon pour les enfants. Les petits et les faibles doivent jouer les Serbes et les Anglais, et les autres leur tombent dessus en criant « Estourbie, la Serbie » et « À terre l’Angleterre ». Il y a aussi la peur de voir arriver les Russes, chez les paysans, qui craignent pour ce qu’ils ont engrangé ; une peur plus grande que chez les citadins, qui ont de bons souvenirs des officiers de la garnison russe voisine, de Tauroggen, qui fréquentaient l’Hôtel de Russie.

Je t’imagine. Tu n’hésiterais pas à rejoindre ton régiment. L’espace d’un instant je me suis félicitée que dans la Terre du Nord-Est tu sois en sécurité.

Olga qui t’aime"

 

 

Le contexte géopolitique du récit reste en retrait du récit mais clairement la démesure, la folie des grandeurs, ce que les grecs appelaient l’hybris est ce qui révolte Olga.

Ce roman est traduit de l’allemand aussi n’ai-je pas accès au texte de l’auteur. C’est toujours un peu frustrant.

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 18:26

Pour philosopher dès neuf ans, il y a les petits Platons et parmi eux, Socrate est amoureux ! Beau projet, non ?

Pour y parvenir, il y a un philosophe, un vrai de vrai, agrégé de philosophie qui entend bien faire lire Le Banquet de Platon aux enfants.

Il y a aussi un illustrateur qui a donné à ce Banquet des couleurs douces et lumineuses et qui a recréé par le dessin une rue d'Athènes où marche Socrate, la riche demeure d'Agathon, les invités Eryximaque, Aristophane, Phèdre, Pausanias.... sans oublier les servantes, curieuses de connaître l'opinion de Socrate sur l'amour, sujet du débat de la soirée.

C'est que le projet est ambitieux : faire lire le Banquet de Platon dès neuf ans, faire réfléchir dès neuf ans à ce qu'est l'amour.

Ce court extrait peut en donner une idée : "L'amour est un grand désir, n'est-ce pas ? Désire-t-on ce qu'on a ou ce qui nous manque ?

_ Donc Éros, le dieu de l'amour, n'est ni beau, ni le meilleur des dieux, encore moins le plus sage et mesuré, puisqu'il désire ce qui est beau, sage et bon ! s'exclame Soicrate. Il nous faut, mes amis, définir l'amour autrement."

,Et puis je me dis que peut-être c'est possible, à cet âge où la curiosité est encore intacte. Plus tard aussi mais avec un peu d'accompagnement sans doute.

J'aimerais beaucoup connaître l'avis de jeunes lecteurs.

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 11:56

C'est un roman écrit par Benoît Séverac; il a été publié le 8 mars 2018. Lorsqu'on le lit, il peut nous faire penser aux articles de journaux que nous avons étudiés en classe sur la question des migrants.

Extrait d'un passage du livre : page 220

"Arthur gagna du terrain, il n'était plus qu'à une centaine de mètres. Mais le feu passa au vert, et le trafic reprit son cours. A cet instant précis, il sut que c'était fichu, la rocade n'était pas loin, une fois que les ravisseurs l'auraient empruntée, il n'arriverait pas à rester dans leur sillage. Même s'il parvenait à révéler le numéro d'immatriculation, qu'est ce que ça changerait pour son ami."

 Ce livre parle d'un jeune garçon appelé Arthur; il a 15 ans... Ce jeune homme est un garçon plutôt sérieux et a de bons résultats scolaires mais depuis quelque temps, ses parents ont remarqué que son compte bancaire était vide, qu'il leur volait aussi de petites sommes d'argent et qu'il était de plus en plus distant.... Ils décidèrent d'aller voir un détective privé pour essayer de savoir ce qu'il se passait... Ils découvrirent que leur fils venait en aide à deux réfugiés syriens qui habitaient dans une caravane abandonnée...; ils avaient passé de nombreuses épreuves avant d'arriver là... Ces deux réfugiés étaient Adan un jeune garçon de l'âge d'Arthur et sa mère Nooda qui était gravement malade... La famille entière décida d aider ces deux syriens et peu à peu Nooda se rétablit...un lien fort se forma entre Adan et Arthur; et entre Nooda et la mère d'Arthur...Malgré la grande amitié de ces deux familles, la mère d'Adan avait du mal a tout leur avouer...

Les personnages principaux sont Adan, sa mère et Arthur. Les actions se passent généralement autour de la caravane; elles se passent dans le milieu du livre au moment où tout commençait à s'apaiser.

Ce livre est simple à comprendre et je l'ai beaucoup aimé... L'auteur à écrit ce texte pour montrer le courage que l'on peut déployer pour aider des personnes inconnues et en difficulté,  leur trouver une habitation et une vie stable et on voit que cela crée un lien fort entre les personnes ...

Laura L G 4D 

Nuage de mots de Gabin T, 4C

L’auteur d'Une caravane en hiver se prénomme Benoît Séverac. Il est né en 1966, est romancier et nouvelliste, il écrit pour les adultes et la jeunesse. Il est aussi professeur d'anglais dans une école vétérinaire.

 Ce roman a été publié en 2018 et je ne connais pas d’autres œuvres de cet écrivain. Ce texte est d’origine Française et n’est donc pas traduit. Je pense que cette œuvre est un roman Jeunesse.

L'action se déroule à Toulouse. Les personnages principaux sont Arthur, ses parents, Mireille et Etienne, qui aident Adnan et sa mère Nooda.

Adnan et Nooda sont des réfugiés Syriens, qui vivent cachés. Au début du roman, Arthur fait la connaissance d'Adnan par hasard. Dans le besoin, ils se font aider financièrement par Arthur, qui vide son livret A. Les parents d’Arthur découvrent l'existence d'Adnan et Nooda lorsqu'ils s'aperçoivent que leur fils a vidé son compte à la banque. Au départ, Mireille et Etienne sont un peu hésitants, surtout Etienne, pour venir en aide à ces réfugiés clandestins mais finissent par s'attacher à eux. Ils permettent à Nooda de bénéficier des soins dont elle a besoin, en faisant appel à Christian. Christian, médecin et ami de Mireille et Etienne, est un autre personnage principal du roman.

Ce livre raconte une histoire d'amitié, d’entraide et de solidarité avec du suspens et beaucoup de rebondissements.

L'intrigue tient en haleine le lecteur, et la morale du livre est très belle : on peut s'entraider, vivre ensemble et s'aimer, malgré des cultures différentes.

Ce livre me fait d'abord penser à une caravane isolée au milieu de nulle part dans un champ avec un chemin de fer abandonné juste derrière. Cela représente pour moi le froid, la pauvreté, la misère et la survie.

Ce livre me fait ensuite penser à la rosée qui dépose sur le sol une fine couche d'eau tandis que les oiseaux qui chantent. Cela représente pour moi le renouveau, l'arrivée du printemps, le soleil qui revient après l'obscurité et les moments difficiles.

Je retiens un extrait de texte d'Arthur qui me touche car il nous amène à nous demander jusqu’où nous, nous irions par amitié :

« Je t'ai aidé!Je t'ai donné de l'argent, tout l'argent que j'avais ! Christian a soigné ta mère, mes parents vous ont recueillis, ma mère a même failli se fâcher avec mon père à cause de ça!

T'en aurais fait autant pour moi si ça avait été l'inverse?

Tu aidais beaucoup de gens toi, quand tu vivais tranquillement dans ta maison à Damas, avant tout ça? »

Ce roman est destiné à un public de tous âges, je pense que l'auteur a écrit ce texte pour faire comprendre que les migrants, les réfugiés, ne choisissent pas de quitter leurs pays, ils fuient pour survivre aux conflits, et qu'une fois arrivés en Europe, ils n’ont pas la vie plus facile. Ils continuent à survivre et essaient de se reconstruire malgré le déracinement.

Gabin T , critique et 3 raisons/3 mn

Nuage de mots de Louise

Nuage de mots de Louise

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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 17:38

3 raisons/ 3 mn par Théo, 4D

 

3 raisons/ 3 mn par Killian, 4D

Imaginez -vous avoir la possibilité de vivre une autre vie ?


Mistsuha a 17ans, elle vit dans la campagne japonaise et n'a qu'un rêve : vivre dans la grande et dynamique ville de Tokyo pour fuir l'ennui de son village isolé.
A des milliers de kilomètres de là , Taki est un jeune lycéen japonais qui vit à 100 à l'heure.
Un jour, leurs destins mutuels se retrouvent bouleversés par le passage d'une comète : ils échangent leurs corps…
Ils essayent de communiquer par le biais de messages… .
Mais si en réalité ces messages venaient de l'au-delà … ?
Ce roman japonais nous tient haleine et nous prouve que nos rêves peuvent parfois se réaliser, mais à quel prix ?

Ce livre m’a plu car j’aime bien les mangas, c’est une belle histoire d’amitié par laquelle l’auteur nous fait voyager dans le temps et nous montre que nos rêves peuvent se réaliser mais pas toujours de la façon qu’on souhaiterait. C’est une histoire un peu triste mais facile à lire.
                                                                                                           

Lucas LM

Nuage de mots de Jade, 4D

 

Le scénario a été écrit par Makoto Shinkai et illustré par Ranmaru Kotone. Ce livre a été publié en 2016. Au Japon il a été traduit par Kimi no Na wa. C’est un manga.   

J’ai retenu le titre du manga  «Your name »  car il signifie ton prénom et j’ai fait le lien à la fin de la lecture du livre, j’ai trouvé le nom bien approprié.

C’est l’histoire de Mitsuha qui aimerait être un garçon et le temps d’un rêve elle échange de corps avec un garçon. Taki ( le garçon) doit alors se mettre dans la peu de Mitsuha avec sa petite vie de campagnarde et ses obligation de prêtresse. Mitsuha elle aime bien sa vie de lycéen cool de Tokyo avec son travail. Ils rédigent tous les deux un journal pour éviter les cafouillages.

Il y a de l’action qui se passe à l’époque moderne, pour Mitsuha, à la campagne et pour Taki à Tokyo

Mitshua est une future prêtresse qui en a assez de sa vie de campagnarde. Elle voudrait être un lycéen de Tokyo. Mitsuha doit suivre tout un rituel religieux. Elle vit avec sa grand-mère et sa sœur, son père est maire d’une ville et elle ne le voit pas et sa mère est décédée.

Taki : est un lycéen de Tokyo, il n’a plus de mère et vit seule avec son père. Il a un travail en plus du lycée. Il a du mal à mener sa vie dans la peau de Mitsuha.

Sayaka et Tessie et Yotsuah sont les deux meilleurs amis très complices et la sœur de Mitshua. Tsukasa et Takagi sont les meilleurs amis tokinois de Taki. Mlle Okudera est l’amoureuse de Taki au travail.

J’ai aimé ce manga mais j’ai dû relire plusieurs fois pour bien comprendre

Je pense que ce livre veut dire qu’il faut accepter les gens qui ne se sentent pas bien dans leur peau ( Mitsuha ). J’ai trouvé que l’histoire était un peu prévisible et qu’on peut facilement s’ennuyer ou deviner lka avant la fin. Le texte est très clair.

Extrait choisi : "Mes copains sont gentils. Moi je suis plutôt pas mal. Je ne m’attendais pas à ce petit boulot au restaurant. Mais j’étais toute excitée car c’était comme dans un film ! Ma bêtise m’a rapprochée de Mlle Okudera. Après le boulot, nous sommes rentrées ensemble jusqu'à la gare.

C’est grâce a mon côté féminin. " p.111 dernière image

Una, 4C

Nuage de mots d'Arzhel, 4D

L'auteur s'appelle Makoto Shinkai. Le livre a été publié en 2016, en français. C’est un manga roman.
Il raconte l'histoire d'une rencontre imaginable entre deux êtres humains. Il y a plusieurs actions. Mitsuha veut devenir un homme, elle n’aime plus sa campagne car la vie est maussade. Taki, est un homme de Tokyo mène une vie mouvementée. Pendant leurs rêves, ils vont échanger leur corps et vont se mettre à la place l’un de l’autre.
Les personnages principaux : Mitsuha, une fille de la campagne et Taki un citadin Tokyo. Ce sont les deux personnages qui vont échanger leurs places pendant leur rêves.
Ce livre me rappelle un film « A Star is born »,une chanson « Señorita »de Shawn Mendes et Camila Cabello, Je pense que pendant la nuit il peut se passer des choses même si on dort et que peut-être l'imagination peut faire qu'on s’imagine d’ échanger de corps.
Ce que j'ai ressenti en lisant ce livre : C’était au début un peu vague, je ne comprenais pas puis à la suite du livre, j'ai compris. C’est un récit joyeux, un tout petit peu triste, il y a beaucoup de mystère, de l'amour. Les personnages sont très amusants et il y a des passages drôles.
Avis : ⭐⭐⭐⭐⭐Il est fantastique.
Ambre 4C

Le quiz imaginé par Ambre https://www.babelio.com/quiz/44256/Devinez-le-titre-

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 19:43

Ce livre n'est pas un roman, loin s'en faut ! c'est le réel le plus cru, le plus déprimant, le plus désespérant possible, un récit autobiographique aux chapitres brefs, entrecoupés de pages blanches comme des abîmes.

J'avais déjà lu Le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas et vu Moi, Corinne Dadat, un spectacle de Mohamed El Khatib mais je n'étais pas préparée aux premières pages de ce livre, elles ont failli me faire abandonner la lecture. Heureusement l'auteure a une plume qui lui permet de partager les affres de l'existence avec son lecteur jusqu'au bout. C'est qu'elle cumule les difficultés de sa jeunesse d'enfant d'immigrés algériens à La Ciotat au déclassement social lorsqu'après la naissance de son fils, elle ne parvient plus à retrouver un rôle au théâtre alors qu'elle jouait jusque là dans des théâtres subventionnés où elle gagnait jusque 4000 euros mensuels. Elle prend alors des heures de ménage, jusque quinze heures par semaine à dix euros l'heure et chaque journée devient un calvaire. "J'ai mal à Platonov" écrit-elle, se souvenant de Tchekhov et de son "Fou de Platonov"   "C'est seulement maintenant que je peux en percevoir toute l'âpreté, car elle définit si justement ce que je ressens, l'état épouvantable dans lequel je me trouve.

J'ai mal à Platonov.

Du désenchantement de l'existence. Cette fois, à n'en pas douter, elle m'a touchée au cœur." (p 90) L'auteure, heureusement s'est maintenant fait un nom dans le monde de la littérature, juste retour des choses.

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