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16 octobre 2026 5 16 /10 /octobre /2026 13:16

Le roman commence par la prérentrée de Jean Deichel au collège Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie, il a 22 ans, il vient d'obtenir la même année CAPES et Agrégation de Lettres Modernes et sera donc professeur stagiaire. Dès l'entrée, il se fait harponner, car il fume dans la cour ! Même s'il croit en sa vocation et s'il a la flamme, la difficile réalité de l'Éducation nationale s'impose à lui rapidement.

Toutefois l'histoire est ailleurs : entre alcool, fatigue, exaltation, dépression, le jeune homme mène une vie chaotique qui dévie le sujet du roman : au cours de la fête de fin d'année, alors que son année de stage semble bien se terminer, il boit tant qu'il finit par s'écraser sur une table qu'il brise en deux, ce qui entraine par terre tous les cadeaux destinés à la prof d'arts plastiques, Judith Chatel, qui quitte le collège. Parmi, ces cadeaux, une vase de grande valeur, copie authentique d'un vase étrusque. 

Ce vase occupe fréquemment l'esprit du jeune, il emprunte pour le rembourser, mais on lui en tient rigueur tout de même !  On songe au vase de Soisson ! Plus tard, il voit dans une vitrine un tableau représentant ce vase restauré par la technique japonaise Kinsugi  mais lorsqu'il veut le revoir le tableau a été vendu et le peintre est parti sans laisser d'adresse. Plus tard encore, il se lie d'amitié avec un marginal qui garde dans sa voiture des quantités de livres et qui lui suggère de lire L'Idiot de Dostoievski :

Extrait : Durant cette année si spéciale, Pierre-Yves est la seule personne que j’ai côtoyée. C’est lui qui, un soir, tandis que nous buvions des bières dans sa voiture, et que je m’étais laissé aller à lui confier mon histoire avec le vase, m’avait éclairé.

— La brisure des vases, c’est pas un truc mystique ? En tout cas, ça n’a rien de négatif, c’est certain… Tu t’es rendu malade alors qu’il s’agit de délivrance… Il y a une scène comme ça dans L’Idiot de Dostoïevski, c’est un peu flou dans ma tête, mais le prince doit parler en public, il est nerveux, on lui dit de faire attention à ne pas casser un vase qui coûte très cher, un vase chinois, je crois, et le prince entre dans un état d’exaltation insensée, il ne s’arrête plus de parler devant ces gens dont il a peur, et puis il se met à faire de grands gestes, et il pète le vase.

Voilà, je trouve le titre de ce roman peu judicieux de même que le mélange des récits des expériences de professeur avec la quête initiatique que mène le héros, qui ressent les réalités à travers la nature, la musique, les textes des auteurs qu'il aime, Nerval, Duras, ...  "Oui, il y a un bonheur fixe, déraisonnable, très fou, qui se cache au fond de notre esprit. On a rendez-vous toute sa vie avec lui ; il nous attend ; sa patience est extrême. Écrire, c’est revenir : j’ai mis des années à retrouver cette joie qui pourtant ne m’avait jamais quitté.

 

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