Ce récit se lit avec une certaine appréhension : l'actualité est déjà si dramatique et angoissante, la propagande est déjà tellement répandue en cette époque de conflits XXL que lire ce récit exige un peu de recul.
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Le récit en effet retrace l'histoire palestinienne depuis les années 40 où la famille de Nabil Al Jaber vit près d'Haïfa jusqu'à 2025 où Nabil vieux, tient seul une librairie dans un Gaza dévasté. Entre les deux époques, ce n'est que déplacements contraints, fuite, drames et espoirs déçus : brillant élève, Moussa, le frère de Nabil se voyait avocat, médecin ou professeur, mais il a dû de résigner, car toute sa volonté ne le sortirait pas du camp. En 1968, Nabil, sa sœur, Maryam et ses amis Hafez et Hiam ont pu aller faire des études au Caire Mais sauf Maryam, partie travailler aux États-Unis, tous sont rentrés à Gaza à la fin de leurs études en 1973. En 2025, seul Nabil survit.
Le recul, c'est ce qu'apportent les livres. Tel est l'enseignement que Nabil transmet à son interlocuteur Julien Desmanges, reporter photographe français rencontré à Gaza. Nabil en effet vit entouré de livres et lit et relit à qui veut l'entendre La Condition humaine de Malraux, "un grand livre, un monde, un refuge, et un miroir" ou La Terre nous est étroite, et d'autres poèmes de Mahmoud Darwich ou encore La Légende des siècles de V Hugo ou Hamlet de Shakespeare et bien d'autres, se réjouissant lorsqu'un enfant vient et emporte un livre.
Certes, la première référence, à La Condition humaine de Malraux, laissait attendre un récit d'engagement, mais avec Hafez, on découvre que toute velléité est tuée dans l'œuf.
Ce récit laisse alors un goût doux-amer : comme, pour nous, lecteurs français, quand la lecture nous protège et nous entraîne loin des tumultes du monde, n'y a-t-il pas une forme de fatalisme à renoncer à la résistance ?
Extrait : « Il y a un poème de Mahmoud Darwich que je me répète souvent, c’est un repère dans ma vie. J’y puise mon origine, l’eau au fond d’un puits. C’est simple, lumineux, terrible, il me touche au cœur.
“Vous, qui tenez sur les seuils, entrez
Et prenez avec nous le café arabe.
Vous pourriez vous sentir des humains,
comme nous.
Vous, qui tenez sur les seuils,
Sortez de nos matins
Et nous serons rassurés d’être comme vous,
Des humains !”
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