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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 09:23

J'ai décidé de lire ce livre à cause du titre : le Finistère est mon département d'origine et de cœur. Bien sûr, cela me rend exigeante.  Hélas, sauf quelques éléments historiques concernant Brest et Saint-Pol de Léon, et quelques rares mots bretons, rien ne fait vivre dans ce récit le Finistère claironné par le titre. Ou alors par quelques accès de nostalgie pour un passé révolu : Eugène " se demanda à quel moment, précisément, les Johnnies, qui allaient autrefois à vélo vendre leurs montagnes d’oignons en Angleterre, avaient disparu. Son fils ne connaîtrait jamais les ramasseurs de goémon de la baie de Pempoul, ni les pêcheuses de coquillages avec leur panier sur la tête. Ils avaient disparu, en même temps que les cabines à roulettes de la plage Sainte-Anne, et Marie Bustor, qui vendait ses crabes cuits en fumant la pipe, et le bazar de la Grand-Rue. Il n’entendrait jamais parler de Marie-Anne Floch, la sœur de l’abbé Floch, qui était devenue professeure après la guerre parce qu’il manquait d’hommes. Il ne connaîtrait jamais l’histoire de la source miraculeuse de la fontaine de Lenn ar Gloar. Il n’entrerait jamais dans l’horlogerie Daniélou, qui « réparait tout ». Ce n’était ni bien ni mal, il en allait ainsi. Ce qui était vivant finissait par mourir"

Ici l'enjeu est de retracer l'histoire de la famille Berest depuis Eugène, venu de Saint-Malo pour s'installer à Saint-Pol de Léon, sympathisant du mouvement politique du Sillon et cofondateur de la coopérative La Bretonne.  Parfois l'autosatisfaction laisse pantois comme ici "Les paysans de la coopérative agricole pouvaient ainsi mettre leurs forces en commun, acheter des fourrages en gros et des engrais modernes pour remplacer le ramassage du goémon, ...  Il faudrait détruire les talus et réunir les champs. Eugène-père regarda Eugène-fils avec fierté. Il ne s’était pas trompé, son fils un jour reprendrait la coopérative, et saurait la faire grandir.– Exactement ! Bientôt, nous devrons détruire tous ces talus. Alors nos petits champs n’en feront plus qu’un seul, grand et bien plat, qui permettra d’effectuer en une matinée le travail de trois jours. Tu comprends ?"

Quand on connait aujourd'hui les problèmes économiques et environnementaux issus du remembrement et des usages d'engrais chimiques, quand on a lu Silence dans les champs de Nicolas Legendre, cet enthousiasme d'Eugène Bérest  devient vraiment gênant surtout  quand il est communiqué sans recul par Anne Berest aujourd'hui.

Brest détruite par la guerre puis reconstruite avec de longues rues bien larges où s'engouffrent les vents marins (la rue de Siam) est la ville dont Eugène Bérest, fils d'Eugène Bérest est devenu maire (suite à la renonciation volontaire de Georges Lombard devenu sénateur) puis élu maire de 73 à 77 alors qu'il était professeur agrégé de Lettres au lycée de Kérichen... 

Parmi ses quatre enfants, il y avait Pierre Bérest est le père d'Anne Bérest. Ingénieur général des Mines, il a dirigé le Laboratoire de mécanique des solides de l’École polytechnique. Comme son père et comme son grand père, c'est un taiseux si bien qu'il se livre difficilement lorsque sa fille tente d'écrire son histoire. Il faut lui accorder des circonstances atténuantes : il était très malade, soigné pour un cancer qui résiste aux traitements, lorsque sa fille tente de le faire parler sur son histoire. 

Le récit s'achève alors sur le mal-être d'Anne Bérest qui mesure la distance qui s'est créée entre elle et son père, sans qu'elle comprenne les raisons.

Ce récit, trop souvent factuel, ne parvient presque jamais à atteindre une dimension romanesque qui lui donnerait un peu d'épaisseur. La période révolutionnaire de Pierre semble enfin atteindre cette dimension mais elle retombe brutalement et irrémédiablement. Dommage ! 

Extrait :  Deux silhouettes spectrales, Léon Trotski, un piolet d’alpiniste planté dans le crâne, et Rosa Luxemburg, drapée dans sa robe de noyée, dansaient un slow pour ces garçons pétris d’espérance. Ils tournoyaient, enlacés – et l’air se mit à vibrer intensément. C’est alors que l’un des garçons chuchota comme pour lui même :

– On sera le levain qui fait monter le pain

Autre extrait :  Disons qu’en 68, dans les lycées, les maos venaient en général des classes littéraires. Ils étaient plus romantiques, je dirais. Plus agités aussi. Pour moi, c’étaient des gars qui n’étaient pas sérieux. Dans le sens où ils avaient envie de se faire remarquer, de faire les malins, qu’on les admire, qu’on les regarde s’agiter dans la cour de récréation. Alors que nous, on bossait dans l’ombre, on préparait vraiment la révolution. Je te donne mon point de vue de l’époque ! Je ne te dis pas que c’est vrai ! À Louis-le-Grand, les trotskistes émanaient du groupe Rouge, et nous étions minoritaires. Les maoïstes, eux, se divisaient en plusieurs branches. Il y avait les anarcho-maoïstes d’un côté, surnommés « maos-spontex » par leurs opposants, et de l’autre côté, les maoïstes orthodoxes marxistes léninistes pro-chinois.

– J’imagine qu’eux, en retour, n’étaient pas tendres avec vous. Les maos pensaient quoi des trotskistes ?

– Ils disaient que nous n’étions pas proches du peuple, qu’on se voulait « d’avant-garde », c’est-à-dire snobs.

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16 mai 2026 6 16 /05 /mai /2026 15:08

Chaque lundi, mercredi, vendredi et samedi, Sybil Van Antwerp s'occupe de sa correspondance : elle écrit depuis sa jeunesse, mais ce recueil rassemble son courrier de juin 2012 à 2020, les quelques lettres de 2021 et 2022 sont écrites par sa fille et par son ami au sujet de son décès. Elle écrit à son frère Félix, à son voisin Théodore Lübeck, à divers auteurs dont elle a lu les œuvres, à ses camarades du club de jardinage, le jeune Harry Landi et son père James, sa belle-sœur Rosalie, sa fille Fiona, une journaliste Alex Toole, à Joan qui l'interrogeait sur le deuil, à la doyenne de l'université, au fil d'un homme qu'elle avait laissé condamner… 

 À travers, toutes ces lettres, on découvre peu à peu qui est Sybil Van Antwerp par les lettres qu'elle écrit aux uns et aux autres, car la fonction expressive du genre épistolaire révèle bien son histoire, mais aussi ses joies et ses peines, ses doutes, ses peurs, ses impatiences et ses espoirs. De même, la fonction impressive des lettres qu'elle reçoit et lit se perçoit par ses réactions plus ou moins rapides ou de l'absence de réactions. En somme, même si la plupart du temps, ses destinataires lui répondent, c'est essentiellement l'histoire de Sybil que nous découvrons. Et comme la dame a du caractère, cela est loin d'être banal.

Toutefois, on peut s'étonner de l'absence totale d'écho des événements de portée mondiale dans l'histoire de Sybil ! Seul son ami et voisin Théodore Lübeck inscrit son histoire dans l'histoire mondiale, mais sans s'attarder. Rien sur la mort de Mandela, rien sur les attentats, rien sur les élections aux USA ni sur les ouragans. Sybil a une histoire et cela lui suffit.

Le choix du genre épistolaire pour la présenter est vraiment judicieux : le lecteur découvre au gré des lettres les éléments disparates de la vie de Sybil et ils trouvent leur unité grâce à elles. 

Extrait choisi  : Il y a cette expression qu’on entend partout. On dit que les choses « passent comme les saisons ». Vous voyez à quoi je fais allusion, n’est-ce pas ? Quand quelqu’un traverse un moment difficile, on lui dit « Ça passera, comme les saisons ». Ou quand on vient d’avoir un bébé et qu’une femme plus âgée nous assure que cette période de nuits sans sommeil ne dure qu’un temps, une saison – un hiver, j’imagine ? (plutôt la saison des ouragans !) – et qu’une autre saison lui succédera, que le ciel s’éclaircira. Eh bien je ne suis pas d’accord. Il y a, par définition, quatre saisons qui se répètent, toujours au même rythme, année après année. Puisqu’un tel cycle ne s’applique pas dans la vie humaine, j’en conclus qu’en matière de saisons chacun de nous n’a droit qu’à un tour. Nous naissons et traversons l’enfance au printemps. Nous vivons ces glorieuses années, passionnantes et pleines d’allant, que sont la vingtaine, la trentaine et la quarantaine, en été. Nous nous retirons en nous-mêmes à l’automne, saison fraîche mais pas encore froide, intense et aromatique. Et quand vient l’hiver, c’est la vieillesse (soudaine) et la mort. Un tour par personne, à moins qu’il soit interrompu, comme ç’a été le cas pour Gill, et pour Quintana. J’imagine qu’en suivant cette logique on peut dire que votre John en était arrivé à l’automne. Ma mère est morte pendant son été.

Mais je vois plutôt l’existence comme une longue route que nous parcourons à pied, dans un seul sens. C’est, en somme, un chemin solitaire dans la nature sauvage des collines, dans le vent. Les montagnes. La neige. Et on tombe parfois sur quelqu’un qui nous accompagne et marche à nos côtés un moment, et parfois aussi (c’est là que je veux en venir) on aperçoit au loin des lumières qui nous redonnent courage, une maison isolée ou peut-être un village, et l’on s’arrête dans la chaleur de cette halte, on entre. On dîne peut-être d’un repas chaud et l’on reste peut-être pour la nuit, ou encore plusieurs années.

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1 mai 2026 5 01 /05 /mai /2026 16:39

71 chapitres encadrés par deux prologues et deux épilogues pour plus de 400 pages, il n'en fallait pas moins pour rendre compte de ce qui s'est passé entre le 30 novembre 1939 et le 13 mars 1940, entre une jeune nation de tout juste 22 ans, la Finlande, et l'armée rouge de Staline, la plus grande armée du monde ! "Vingt millions d’obus, et la Terre manqua de s’ouvrir en deux lorsque la Russie en frappa l’écorce au même endroit, chaque jour pendant plus de cent jours."

En annexe puis dans les remerciements, on découvre l'ampleur du travail de recherche en amont de ce roman. Quand le réel est si puissamment imposé, que reste-t-il pour que le livre soit un roman? 

L'auteur sélectionne parmi les combattants finlandais quatre amis et les réunit dès le début du récit :  "Toivo, Onni, Pietari et Simo,  quatre hommes de Rautjärvi, chacun a reçu la même affectation : 6e compagnie du 2e bataillon du 34e régiment de la 12e division du IVe corps d’armée. Garnison de Kollaa." Ils sont donc nommés à quelques kilomètres de la frontière russe, dans une région marécageuse, de lacs et de forêts de bouleaux et de sapins. Ils seront commandés par "L'horreur du Maroc", un légionnaire, Aarne Juutilainen et personne n'envie leur sort. 

Avec ces quatre amis, nous allons suivre la mobilisation, la longue attente puis l'affrontement durant trois mois en plein hiver à -50° dans les tranchées, tout vêtus de blanc pour mieux se fondre dans le paysage.

Parfois cependant le récit décroche et nous suivons ce qui se trame en URSS. Nous assistons ainsi à la ridicule manigance par laquelle les Rouges déclenchent la guerre et à l'assassinat de chacun des maillons de la chaîne qui a fait aboutir ce stratagème pour que seul Staline le connaisse.  Nous assistons aussi à la mise en place de leurs successives stratégies, toutes plus ou moins ridicules. En parallèle, nous suivons les prises de décisions finlandaises et tous les ballets diplomatiques notamment avec la France. Le roman frise alors le traité de polémologie.

Au passage, j'ai eu le plaisir de croiser Alexis Léger alias Saint-John Perse aux Affaires étrangères du gouvernement Daladier et, plutôt sur le front, Joseph Kessel, alors grand reporter français. 

Mais un héros se distingue particulièrement et même s'il a réellement existé, son histoire tire le récit vers le roman. En effet, tireur hors pair, Simo devient héros par le nombre de cibles qu'il atteint à lui seul, par le mystérieux renard roux qui semble le protéger mais aussi par la peur qu'il suscite chez l'ennemi qui l'affuble du surnom "La mort blanche" et encore par son humilité, sa solidarité avec ses amis et ses silences. Tuer n'est pas pour lui un plaisir, il se pose la question de ce qu'il peut faire et ce qu'il doit faire. Mais la réalité de la guerre fait de lui un sniper extraordinaire, cause de la mort de 542 soldats russes en 98 jours.

Enfin le narrateur, loin d'être neutre, jette un regard ironique et sans complaisance sur la Russie de Staline mais aussi sur la France de Daladier. 

Extraits choisis : 

Tuer. Son pays lui demandait de tuer. Et il n’y arrivait pas.

Une bourrasque de flocons enveloppa Simo d’un tourbillon, et lorsqu’ils retombèrent, un renard immense, de la taille d’un homme, était assis à côté de lui. À son pelage feu, il le reconnut sans hésiter. L’âme de sa forêt l’avait suivi et veillait sur lui. Sa forêt, son village de Rautjärvi, sa ferme, ses parents, ses sœurs et son frère brûlés par les flammes de la guerre. La queue de l’animal l’entoura tout entier avant de disparaître, et Simo tira plein torse. À vingt mètres devant, percuté par la cartouche, l’officier tomba en arrière de son cheval. Il restait quatre cartouches dans le chargeur, et en quatre secondes, il abattit les quatre autres. Ses mains ne se mirent à trembler qu’après, et son ventre se souleva en un haut-le-cœur.– Tu sais, maintenant, exulta Juutilainen

...

La balle qui était sortie du fusil de Simo avait parcouru les quatre cent quatre-vingt-dix mètres en une demi-seconde. Le crâne du sniper fut traversé par quelques grammes de métal brûlant, et il tomba à la renverse.

– T’es sûr de l’avoir eu ? demanda le spotter qui gardait encore les mains collées à ses oreilles.

Simo se releva, passa la sangle de son fusil sur l’épaule et marcha calmement jusqu’aux tranchées, puis jusqu’au cratère d’obus dans lequel Karlsson se terrait encore, persuadé que le duel continuait. La silhouette noire de Simo, dressée au-dessus de lui, lui fit lever les yeux.

– Tu l’as eu ? demanda Karlsson.

Son soldat était là, debout, à l’endroit même où d’autres avaient perdu la vie.

– Oui, tu l’as eu, conclut-il.

La Guerre d’Hiver ne serait pas le dernier conflit de la planète, mais jamais ce tir, dans aucune armée, sur aucun continent, ne serait égalé. À dire vrai, dans ces conditions, sans lunette de visée et à cette distance, il ne serait même jamais expliqué. Une seule réponse pouvait alors être avancée, mais il fallait d’abord accepter d’abandonner toute rationalité, car Simo en était sûr, il avait tiré, guidé seulement par son cœur, sa colère, son amour et sa peine.

– 490 mètres ! répétait le spotter à chaque soldat croisé. 490 mètres !

– C’est impossible ! lui répondait-on.

– Je sais bien, mais je l’ai vu ! 490 mètres.

Karlsson, sidéré, entendit à son tour la distance. Il regarda alors ce soldat pour ce qu’il allait devenir. La légende de Simo Häyhä, La Mort Blanche.

 


 

 

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27 avril 2026 1 27 /04 /avril /2026 21:05

Ce beau livre de 302 pages m'est parvenu dans une boite deux fois plus grande que lui : clin d'œil aux sympathiques géants qui peuplent le Gargantua ? Écrit par une femme née à La Chaux-de-Fonds, publié grâce au soutien de la bibliothèque de La Chaux-de-Fonds, il s'agit d'une méticuleuse analyse des illustrations de Charles Humbert (1891-1958) dont le père tenait un café à La Chaux-de-Fonds où jeune, Charles Humbert a suivi les cours de l'École des Beaux-Arts. Ses illustrations de Gargantua datent des années 1918. En somme, seul Rabelais ne connaissait pas La Chaux-de-Fonds !


Impossible de rendre compte de cette analyse hyper détaillée des œuvres d'Humbert, je m'attendais à lire Gargantua illustré par Humbert et seules les 39 planches reproduites à la fin de l'ouvrage offrent cette expérience, mais le texte est alors en caractères si petits que la lecture est quasi impossible. On peut cependant être impressionné par la profusion de détails représentés par le peintre autour du texte, comme des enluminures. "De la couleur de la joie à la joie des couleurs" !

extrait : Brueghel est l'autre peintre qui nous vient à l'esprit. On associe d'ailleurs souvent le monde de Rabelais et celui de l'artiste flamand, il n'est donc pas étonnant de retrouver la même atmosphère dans certaines planches. On observe les mêmes motifs de la vie rustique : le jour de cornemuse (fig. 18), des personnages qui chevauchent des tonneaux (fig.20), les grandes tablées, l'abondance de pichets, de cruches, de paniers (fig 19), le couteau planté dans les jambons (fig 18), etc

 

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12 avril 2026 7 12 /04 /avril /2026 09:58

Poète, nouvelliste, romancier et scénariste, Marc Villard a plusieurs cordes à son arc. Avec Continuons le début, ce sont treize nouvelles noires qu'il nous propose. Il faut dire que l'auteur est passé maitre dans le domaine de la nouvelle, il a publié plus de quarante recueils.

En exergue, cette citation annonce la couleur sans vraiment tout révéler : "Son ennemi, c’était la Rue. Pour lui, la Rue ressemblait à ces énormes serpents du zoo : elle dévorait tous ceux qui la touchaient. DAVID GOODIS

Parmi ces treize nouvelles, difficile de faire un choix : elles ont toutes une chute imprévisible, qui scotche le lecteur. Elles sont noires, mais pas nécessairement sanglantes. Dans chacune, un milieu social et des personnages sont campés avec adresse. On y croise nombre de personnages touchants, fragiles, plus ou moins marginaux, artistes de jazz, poète, artiste peintre.

Ils sont jeunes, comme Iris Moreno qui cherche un rouge comme Véronèse cherchait un bleu, dans Arles ou comme Antoine Solal, galeriste, dans La petite sœur ou comme le bassiste Sid Vicious dans No Future. Jérôme, dans Versailles n'a que 15 ans et cherche qui est son père. 

Ils sont parfois vieillissants, comme Henri devenu nounou au bloc Normandie et l'œil rivé sur Maya, sa fille, qu'il élève seul depuis le décès de son épouse ou comme Charly Parker alias Bird, le saxophoniste  de L'oiseau de nuit. Dans Le rêve américain, "Franck, un ancien tromboniste reconverti à l’alto, Daniel, pianiste à ses heures, et Manu, qui fête en permanence son premier versement de la Cnav" sont trois compagnons de galère, qui tiennent des conversations de comptoir sur une chanteuse qu'ils ont connue autrefois et qui est partie en Amérique.     

Rares sont les occurrences de la police : Clem, dans Paris-Venise, représente la police, mais en vacances ! d'autres policiers, de la BRI, oublient de remplir leur mission dans Immigrés clandestins ! Le lieutenant qui intervient à la fin de Calibre 12 dénoue une enquête qui n'est pas la sienne, malgré lui ! Un journaliste suédois mène aussi une enquête dans Remember mais il va de surprise en surprise ! 

Un seul tueur à gage, "pas un tueur de renom, il récupère des contrats foireux que certains négligent." : Roberto Soler 

La nouvelle la plus touchante à mes yeux est Papi l'histoire d'un poète, Marcus, qui rencontre une jeune chanteuse de rue, Gisèle, et se préoccupe de son sort, car elle vit dans la rue. Elle semble être une autofiction. 

extrait : 

L’air concentré, elle donna un coup de menton en direction du Poète.

— Si vous deviez partir sur la lune, qu’est-ce que vous emporteriez ? — T u peux me tutoyer. — Ok, Papi. Tu emporterais quoi ?

— Un cahier pour écrire.

— Quoi encore ?

— Des poèmes de Brautigan, une compile de Miles Davis, des caramels mais pas trop mous.

— C’est qui, Brautigan ?

— Un écrivain américain. Et toi, tu emporterais quoi ?

— Ma guitare, une boîte de médiators, un exemplaire de l’American Songbook, un livre sur les blagues de Desproges, et mon portable pour prendre des photos.

— OK, on part quand ?

— Et un chien. On pourrait embarquer un chien dans la fusée, non ?

— Je préfère les chats.

— On en reparle demain. Là, je dois partir, j’ai un rencard avec une copine du Samu, aux puces de Clignancourt. — Le mercredi, c’est fermé.

— Justement, j’aime bien quand c’est fermé. Merci pour les croissants, Papi.

Il la regarda partir, étonné que le temps ait passé si vite"

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5 avril 2026 7 05 /04 /avril /2026 13:39

C'est une valse à trois temps à laquelle nous convie ici Nicolas Delesalle, grand reporter de guerre à Paris-Match.

Premier pas " gauche", Sacha pêche sur un lac gelé. Il est en Ukraine, à 500 mètres de la frontière russe, il est "l’un des seuls Ukrainiens à avoir assisté à la première seconde de l’invasion, alors que les Russes n’avaient pas encore parcouru cent mètres en territoire ukrainien." En 1986, pilote d'hélicoptère, il avait "déversé des tonnes d’eau sur le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl." Cette fois, il s'empresse de regagner Kiev pour se faire enrôler. "Après quelques mois et un déluge de feu, de larmes et de sang, les Russes ont abandonné l’idée de conquérir Kiev et sont repartis aussi vite qu’ils étaient venus. Ils sont repassés par le lac de Sacha. La glace avait fondu, leur contingent aussi. " Alors Sacha s'est dirigé vers le Donbass. C'est là qu'il a rencontré Vania, un mercenaire du groupe Wagner. Six mois, plus tard, Sacha est de retour près de son lac gelé, son voisin Volodia est là aussi. Vania est sous la garde de Sacha. 

Second pas,"droite," 23 février 2022, Nicolas Delesalle est en reportage dans le Donbass avec Patrick, son photographe et leur chauffeur, Maks, un photojournaliste ukrainien. Ils attendent le déclenchement imminent de la guerre. Le lendemain, ils sont sidérés d'apprendre que "Kiev a été frappée. Kharkiv et Marioupol aussi. Tout le pays est attaqué". Alors que rien ne se passe dans le Donbass !

Troisième pas, "gauche", l'auteur explore ses origines russes, sa mère, ses oncles, les traits slaves de son visage. Il se souvient d'un voyage scolaire en pays soviétiques, organisé par sa mère, en 1986. Professeure de russe, et russe d'origine, sa mère lui avait transmis la fierté d'être russe. "Ou ukrainien – c’est pareil en ce temps-là." Sa mère est née à Paris, "de parents russes blancs émigrés de la Révolution de 1917"  L'auteur éprouve le "plaisir de retrouver des racines." 

Et on tourne...

Je ne vais pas tout raconter, mais tout le récit est ainsi composé. 

J'ai apprécié le portrait de la mère, qui m'a parfois rappelé La Promesse de l'aube et d'ailleurs Gary (un de mes auteurs préférés) est né dans l'empire russe, à Vilnius ! L'histoire de Sacha et de Vania est aussi très touchante et pittoresque. Quant au récit de reportage de guerre, il me semble un peu trop réduit par rapport aux deux autres sujets. Chacun de ces sujets aurait mérité un livre entier. 

Extraits choisis :

Au loin, le soleil, caché au fond du ciel, éclaire l’horizon d’un éclat faible, tamisé par les nuages. Au milieu du lac, à cinq cents mètres du trou de Sacha, une frontière invisible sépare l’Ukraine de la Russie. Avant, les Russes venaient eux aussi pêcher ici, sur le même lac, sur la même glace. Tout le monde se foutait de savoir qui pêchait. Aujourd’hui, les Russes ne viennent plus. Ils ne viendront plus jamais. Sacha réajuste ses lunettes rondes sur son nez busqué. Il a bien enfoncé sa chapka sur ses oreilles et porte trois couches de vêtements pour se tenir chaud ainsi que des bottes en feutre rembourrées. Il a beau être ukrainien, il parle en russe, pense en russe, jure en russe, et putain, sacré putain de bon Dieu, qu’il fait froid aujourd’hui. Dès son plus jeune âge, chaque hiver, il est venu pêcher sur ce lac. Le plus difficile n’est pas d’attraper les poissons, mais de rester immobile assis sur une caisse en plastique pendant des heures alors que le givre lui blanchit les cils.

[...]

Voilà comment j’ai appris que j’étais reçu à l’ESJ de Lille et su que mes carrières de sosie et de propriétaire de camping étaient terminées. En chemin vers le poulet rôti, prise d’une inspiration soudaine, ma mère a obliqué vers la gare de notre petite ville de banlieue et pris le RER jusqu’à la gare du Nord, puis un TGV pour Lille. Arrivée à l’école, la petite blonde aux cheveux bouclés et aux pommettes hautes s’est retrouvée devant le panneau d’affichage où étaient inscrits les noms des heureux élus. Elle m’expliquera plus tard que l’excitation l’avait empêchée de voir mon nom. Je n’étais donc pas admis. Dépitée, elle était partie boire un mauvais café au distributeur en se demandant comment elle allait m’expliquer qu’elle était partie pour Lille et surtout que j’avais échoué. Juste avant de repartir penaude, elle était revenue consulter le tableau une dernière fois. Et elle avait lâché son café en lisant mon nom. J’étais bien reçu. Immédiatement, elle nous avait appelés d’une cabine téléphonique pour annoncer la bonne nouvelle. Le soir, elle était de retour avec le poulet rôti.

[...]

À nos côtés, Sergueï est un journaliste ukrainien de vingt quatre ans qui parle parfaitement le français et regarde avec rage son pays saigner sans fin face à l’envahisseur. Il ne sait pas parler à voix basse, tonitrue des « Voilà ! » et des « Oh là là » à tout bout de champ. Lorsque nous venons en Ukraine, Sergueï nous sert de traducteur, de guide, il est notre fixeur et nous ouvre son carnet d’adresses pour nous donner des accès que d’autres n’ont pas. Sa mère est ukrainienne, son père, russe. Sergueï est un jeune homme brillant engagé dans une guerre qu’il couvre à cœur battant et un conflit qui le ronge et le fait vieillir à toute vitesse.

 

 

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26 mars 2026 4 26 /03 /mars /2026 14:53

Il s'agit d'un roman policier dont toute l'action se concentre sur une semaine, en fin septembre 2023 et dans l'espace de la ville de Beyrouth : 

Aimée Asmar, historienne et universitaire renommée, est retrouvée morte à son domicile. L'inspecteur Marwan Khalil, ex-milicien chrétien proche de la retraite se voit attribuer l'enquête par son chef et ami Chivas, lui aussi ex-milicien chrétien.  Pour l'occasion, il sera accompagné d'un jeune adjointe Ibtissam Abou Zeid, jeune chiite idéaliste en rupture avec sa communauté : une parie de sa famille, communiste, a été assassinée par le Hezbollah quand elle était petite. 

Très vite, Marwan comprend que ce n'est pas un accident domestique qui a tué Aimée Asmar : elle a été assassinée à cause de ses travaux sur l'histoire du Liban, elle achevait un manuel scolaire sur l'histoire du pays, trois chapitres de 2000 à 2020 ont disparu ! 

L'enquête est intéressante, mais c'est surtout par tout ce qu'elle permet de découvrir ou d'apprendre sur le Liban qu'elle est passionnante. 

Sur la vie quotidienne en 2023 : les rues sont très encombrées, les gens aiment la voiture, mais ignorent les priorités et globalement les règles. Par cet aspect, on dirait Naples ! Et pourtant, tout est trop cher : le carburant, les cigarettes, l'eau... L'électricité est fluctuante. Marwan se demande de quoi il vivra en retraite et il est hors de question qu'il rejoigne sa fille à Paris, car les Libanais qui n'ont pas d'autre nationalité ne peuvent plus quitter le Liban. Et néanmoins il aime les couchers de soleil sur la mer, les sandwichs au foie cru du quartier chrétien ou les poissons grillés ou frits du bord de mer. 

 Sur le fonctionnement de l'État :   la police subit la pression des politiques à tel point que l'enquête est retirée à Marwan et qu'un pauvre bougre du Chouf "un peu simplet, qui cocherait toutes les cases" est arrêté et emprisonné.  "  Un innocent irait croupir en prison ou dans une institution psychiatrique, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ce ne serait évidemment pas le premier" Marwan, en homme expérimenté, n'avait pourtant pas négligé la wasta :  "Wasta. Nom féminin, désignant en arabe dialectal un piston, une aide officieuse ou officielle, une manière de resquiller ou d’obtenir un avantage grâce à quelqu’un de plus haut placé que soi. C’est probablement l’une des armes les plus utiles de la culture libanaise."  Mais le député qu'il avait sollicité n'est pas allé jusqu'au bout de la défense de la vérité, il craignait pour sa vie. 

Sur l'histoire du Liban : depuis l'indépendance en 1943 et la création de l'État d'Israël en 1948 et l'arrivée des réfugiés palestiniens, qui arrivent en plusieurs vagues selon les attaques israéliennes de même que les Syriens, envahisseurs puis à leur tour réfugiés lorsque leur pays est en guerre en 2011. Le Liban a vécu entre invasions, afflux de réfugiés, massacres, attentats et assassinats.

La touche d'espoir qui clôt le récit est bien mince, mais elle a le mérite d'exister.

 

EXTRAIT Quelques minutes de marche, le soleil tente une percée au loin, mais la montagne bloque les nuages. Le matelas gris s’épaissit, ça promet une fin de journée des plus moites. Une sale nuit de sommeil en perspective, dans des draps collants de transpiration. Le restaurant en contrebas a changé de nom l’an dernier et s’est refait une beauté. À quoi bon tous ces changements, hein ? Pourvu que les poissons y soient toujours aussi délicieux et les prix pas trop amers. La grande salle est construite sur pilotis, au-dessus des rochers plats que caresse la Méditerranée. L’air y est doux, parfumé de persil, de citron et d’huile de friture. On pourrait se croire au paradis.

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12 mars 2026 4 12 /03 /mars /2026 10:01

Ce récit se lit avec une certaine appréhension : l'actualité est déjà si dramatique et angoissante, la propagande est déjà tellement répandue en cette époque de conflits XXL que lire ce récit exige un peu de recul. 

Le récit en effet retrace l'histoire palestinienne depuis les années 40 où la famille de Nabil Al Jaber vit près d'Haïfa jusqu'à 2025 où Nabil vieux, tient seul une librairie dans un Gaza dévasté. Entre les deux époques, ce n'est que déplacements contraints, fuite, drames et espoirs déçus : brillant élève, Moussa, le frère de Nabil se voyait avocat, médecin ou professeur, mais il a dû de résigner, car toute sa volonté ne le sortirait pas du camp. En 1968, Nabil, sa sœur, Maryam et ses amis Hafez et Hiam ont pu aller faire des études au Caire Mais sauf Maryam, partie travailler aux États-Unis, tous sont rentrés à Gaza à la fin de leurs études en 1973. En 2025, seul Nabil survit.

Le recul, c'est ce qu'apportent les livres. Tel est l'enseignement que Nabil transmet à son interlocuteur Julien Desmanges, reporter photographe français rencontré à Gaza. Nabil en effet vit entouré de livres et lit et relit à qui veut l'entendre La Condition humaine de Malraux, "un grand livre, un monde, un refuge, et un miroir" ou La Terre nous est étroite, et d'autres poèmes de Mahmoud Darwich ou encore La Légende des siècles de V Hugo ou Hamlet de Shakespeare et bien d'autres, se réjouissant lorsqu'un enfant vient et emporte un livre.

Certes, la première référence, à La Condition humaine de Malraux, laissait attendre un récit d'engagement, mais avec Hafez, on découvre que toute velléité est tuée dans l'œuf.

Ce récit laisse alors un goût doux-amer : comme, pour nous, lecteurs français, quand la lecture nous protège et nous entraîne loin des tumultes du monde, n'y a-t-il pas une forme de fatalisme à renoncer  à la résistance ? 

Extrait : « Il y a un poème de Mahmoud Darwich que je me répète souvent, c’est un repère dans ma vie. J’y puise mon origine, l’eau au fond d’un puits. C’est simple, lumineux, terrible, il me touche au cœur.

“Vous, qui tenez sur les seuils, entrez

Et prenez avec nous le café arabe.

Vous pourriez vous sentir des humains,

comme nous.

Vous, qui tenez sur les seuils,

Sortez de nos matins

Et nous serons rassurés d’être comme vous,

Des humains !”

 

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25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 16:17
En un peu plus de 150 pages, l'auteure aborde ici de manière très scientifique les grandes notions concernant la nutrition puis conseille les lecteurs sur l'alimentation des enfants : que convient-il de faire manger, pour quels objectifs, comment ? Des menus et même quelques recettes sont proposés pour les enfants, mais aussi pour les parents. Outre la nourriture, l'auteure aborde la gestion du stress, le sommeil, les techniques d'apprentissage et de mémorisation.

La mise en page mêle couleurs de texte, de surlignages, dessins et schémas de façon très pédagogique.
C'est un livre précieux que j'offrirai sûrement à de jeunes parents !
 
Extrait : Au fil des années les besoins en sommeil évoluent.
Un enfant de 3 à 5 ans a besoin de 10 à 13 heures de sommeil,
un enfant de 6 à 13 ans a besoin de 9 à 11 heures
un adolescent de 14 à 17 ans a besoin de 8 à 10 heures
un adulte "moyen" dort généralement de 7 à 8 heures par nuit 
 
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24 février 2026 2 24 /02 /février /2026 14:34

Istvan, 15 ans, vit en Hongrie.  C'est le début de l'histoire qui s'achève comme une boucle, au même endroit, mais une cinquantaine d'années plus tard. Entre les deux, toute une vie, remplie d'aléas et d'enchainements plus ou moins improbables que j'ai découverts avec beaucoup d'intérêt, car l'auteur enchaine les épisodes de façon parfois abrupte et le lecteur ne comprend l'enchainement des événements que bien plus tard, au cours d'une conversation entre personnages. 

Le narrateur, extérieur au récit, centre toute son attention sur le héros, ses actions, ses paroles. Or les paroles d'Istvan se réduisent souvent à une ou deux syllabes : "OK. Ouais. Rien...." et le narrateur, malgré son statut de narrateur extérieur au récit, reste témoin sans jamais nous donner accès aux pensées ou aux sentiments du héros si ce n'est par son attitude physique.

Un enchainement aléatoire, un héros réduit à quelques paroles creuses, on songe souvent à L'Étranger de Camus et à Bardamu devenu Istvan, l'un comme l'autre semblent aussi étrangers au monde qu'à eux-mêmes !   

Le roman est intitulé "Chair", en anglais Flesh et en effet, la sexualité occupe une grande place dans le roman et dans la vie du héros, mais de ce point de vue aussi, on est déstabilisé par ce héros qui n'est jamais à l'initiative d'une liaison ni d'une rupture. Il paraît se conformer aux attentes des femmes, sans autre intention ! Peut-être peut-on dire que c'est un roman sur la masculinité à l'époque moderne ? 

Le dialogue suivant se déroule avec la femme de son patron du moment, celle qui peu après devient sa maitresse puis son épouse et mère de son fils : 

– Que voulez-vous savoir ?

– Juste quelque chose à votre sujet. »

Il est au volant de la Mercedes, dans un ralentissement sur Piccadilly.

« D’après Karl, vous avez servi dans l’armée.

– Oui.

– C’était comment ?

– C’était comment ? »

Alors que le mouvement de la circulation reprend, il doit rester concentré sur la route un certain temps.

« Oui, dit-elle.

– C’était… »

Il ne sait pas quoi dire, quel genre de réponse elle attend.

« C’était OK, dit-il.

– C’était OK ?

– Oui.

– Comment ça ?

– Comment ça ?

– Oui.

– Eh bien… C’était OK

.– Comment ça, “c’était OK” ? Qu’est-ce que ça veut dire, en fait ? Quand vous dites “c’était OK”, en fait vous ne dites rien, si ?

– Je ne vois pas très bien ce que vous aimeriez savoir

.– J’aimerais savoir comment c’était. Merde, arrêtez de rester dans le vague. Vous êtes toujours comme ça ?

– Comme quoi ?

– Comme ça. Dans le vague. »

Pour ce roman, l'auteur a été récompensé par le prestigieux BOOKER PRICE 2025, je l'ai lu et beaucoup aimé dans la traduction de Benoit Philippe. 

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