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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 13:54

Olga de Bernhard Schlink est un roman qui raconte la vie d’une femme, justement Olga.

Elle est la fille d’un couple modeste décédé alors qu’elle était très jeune de la maladie du typhus et recueillie par sa grand-mère qui ne l’aimait pas, elle a tout fait pour se libérer et s’extraire de la pauvreté. Studieuse et toujours désireuse d’apprendre, elle n’était pas intégrée dans son école près de Kœnigsberg sauf par deux châtelains qui eux aussi, en raison de leur appartenance à la bourgeoisie, peinaient à s’intégrer. Ainsi, ils furent amis tous les trois au moins jusqu’au jour où Viktoria la jeune châtelaine décrétât qu’Olga n’était pas digne d’eux car mal habillée elle ne savait pas bien se tenir, elle faisait peuple. Olga continua cependant à voir en cachette le frère de Viktoria et peu à peu ils devinrent un couple d’amoureux. Viktoria réussit le concours d’institutrice et Herbert partit combattre en Afrique dans les colonies. Ce fut leur première séparation. Olga fut ensuite mutée à Tilsit. A son retour, Herbert rêvait de grands espaces et ne tarda pas à repartir. Olga vivait cela avec philosophie : les épouses de marins vivent des séparations similaires. Elle s’occupait de ses jeunes élèves et tout particulièrement de l’un d’eux, Eik.

Le roman retrace ainsi l’existence d’Olga de sa naissance à sa mort. Entre temps, l’Allemagne a connu la première puis la seconde guerre mondiale, deux manifestations de l’hybris allemande héritée selon Olga de Bismarck.

Extrait :

"8 août 1914

Mon chéri,

L’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie, puis à la France, et puis c’est l’Angleterre qui a déclaré la guerre à l’Allemagne.

Les hommes du 41e sont mobilisés, et j’ai été avec les enfants à Tilsit. Il y avait de la musique et des fleurs, des hommes agitaient leurs chapeaux, de jeunes femmes laissaient des soldats les prendre par les épaules et les accompagnaient jusqu’au train, et sur les wagons on lisait « Excursion à Paris » et « Les Français sont faits ».

Ici au village, il n’y a pas d’enthousiasme. Chaque incorporation est un coup porté à la ferme et à la famille. Les rares engagés volontaires sont des jeunes que leurs pères traitent encore plus mal que des valets. L’un d’eux est venu me faire ses adieux ; il a peur de la guerre, mais il a encore plus peur de son père.

La guerre, c’est bon pour les citadins, pas pour les paysans. Et bon pour les enfants. Les petits et les faibles doivent jouer les Serbes et les Anglais, et les autres leur tombent dessus en criant « Estourbie, la Serbie » et « À terre l’Angleterre ». Il y a aussi la peur de voir arriver les Russes, chez les paysans, qui craignent pour ce qu’ils ont engrangé ; une peur plus grande que chez les citadins, qui ont de bons souvenirs des officiers de la garnison russe voisine, de Tauroggen, qui fréquentaient l’Hôtel de Russie.

Je t’imagine. Tu n’hésiterais pas à rejoindre ton régiment. L’espace d’un instant je me suis félicitée que dans la Terre du Nord-Est tu sois en sécurité.

Olga qui t’aime"

 

 

Le contexte géopolitique du récit reste en retrait du récit mais clairement la démesure, la folie des grandeurs, ce que les grecs appelaient l’hybris est ce qui révolte Olga.

Ce roman est traduit de l’allemand aussi n’ai-je pas accès au texte de l’auteur. C’est toujours un peu frustrant.

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