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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 10:34

A priori, rien de nouveau dans ce livre, ni le nom de l'auteur, journaliste littéraire au Figaro, ni le titre du livre, déjà trouvé sous la plume d'Antoine Bello (Gallimard, 2009)  et sans l'article, sous celle de

La lecture m'a souvent déstabilisée : j'attendais un roman, j'y ai en effet trouvé quelques personnages, un héros narrateur proche parent de l'auteur, son ami le philosophe, son ami Bizness, une quête, retrouver Nadia. Mais ces personnages semblent avoir l'étoffe de héros de roman tout en restant des ébauches, la quête est à peine crédible et finit par perdre son sens. D'ailleurs derrière l'artifice de cette quête, une autre se dessine : trouver la fêlure qui conduit certaines personnes à s'engager dans l'action pour accompagner les "funambules". C'est en effet une question intéressante qui conduit notre narrateur à interroger de multiples personnes et à présenter diverses associations qui toutes pallient les insuffisances de l'État : Les Restos du cœur, ATD quart  monde, Les Petits frères des pauvres, ... jusqu'au Collectif Morts de la rue. Souvent alors j'ai eu l'impression de lire un essai bien plus qu'un roman même si le prétexte de ces enquêtes et interviews est l'engagement du héros narrateur dans le projet du grand neuropsychiatre Jean-Patrick Spak pour un ouvrage intitulé L'Écriture est la vie.

En somme, je trouve ce livre très intéressant voire nécessaire pour tout ce qu'il m'apprend mais comme roman, il me semble juste côtoyer le romanesque sans y entrer. En lisant un livre sélectionné" pour le Goncourt, je m'attendais plus clairement à un roman.

Extrait choisi : "Tout au long de mes rencontres j’apprendrai à quel point l’homme est insondable.

Monique enchaîne. « J’ai rencontré un homme qui avait un très bon poste et qui a été licencié parce qu’il buvait trop. Il s’est retrouvé dans la rue. En général, ce sont des hommes qui meurent jeunes. Il y a quelques femmes, de plus en plus, mais en général ce sont des hommes. Et puis une fois qu’on est dans la rue, une fois qu’on n’a plus de toit… c’est presque irréversible. C’est l’une des plaies du chômage. J’ai eu une amie qui s’est retrouvée sans emploi. Elle était cadre dans une entreprise. Elle m’a expliqué qu’elle avait encore un enfant à charge. Seule. Au début, elle se levait tous les matins, elle préparait son petit déjeuner, accompagnait son fils à l’école. Puis, au fil des semaines, au fil des mois, elle ne s’est plus levée. L’enfant se débrouillait pour prendre son petit déjeuner, allait seul à l’école. L’énergie a diminué pour disparaître complètement. Les liens avec les autres se sont défaits. Et quand ça dure trop longtemps, eh bien, c’est presque impossible de retrouver ces liens. Il y a comme une installation dans cette précarité, qui est très difficile à surmonter. »

Monique ajoute, un peu irritée : « C’est vraiment simpliste, ce discours que j’entends : Si les SDF sont dans la rue, c’est qu’ils le veulent bien. Il y a des circonstances dans la vie… ça peut être la boisson, une famille qui éclate, une situation qui explose. »

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